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alinghiDIMANCHE 02 MARS 2003
Le triomphe discret de Kirsty Bertarelli
Kirsty Bertarelli a joué un rôle central dans la victoire d’Alinghi. Mais qui est donc cette ex-reine de beauté, cette Pénélope du biotech qui vit dans l’ombre d’Ernesto?
Par Christian Blumberg

Pas facile d’être la femme d’un milliardaire. On vous catalogue immédiatement dans un rôle de calculatrice, ou alors dans celui d’animal de compagnie, surtout si vous avez le malheur d’être blonde. Kirsty Bertarelli connaît la violence des préjugés, c’est pour cela qu’elle a choisi de demeurer en retrait.

Alors que son mari multiplie les interviews et les séances photo avec un plaisir évident, elle refuse systématiquement de se prêter au jeu des médias. Elle vit sa vie et se tait. Elle apprécierait donc l’ombre autant qu’il aime la lumière? Pas exactement. Car dans une première vie, dit-on, Kirsty a surexposé son image. Elle a appris à sourire aux paparazzi, à poser face aux caméras, à séduire les projecteurs et à faire crépiter les flashes.

Elle n’en parle plus aujourd’hui, ce qui laisse le champ libre aux rumeurs et demi-vérités. Certains journaux ont écrit qu’elle avait été élue Miss United Kingdom, sans en dire davantage. D’autres ont ajouté qu’elle était née du côté de Manchester sous le nom de Kirsty Roper, qu’elle avait envisagé une carrière dans la chanson et qu’elle avait obtenu la troisième place lors du concours de Miss Monde en 1988.

Kirsty aime sincèrement le regard des autres. Alors on dit qu’elle joue à la star, qu’elle a l’ambition de détrôner Kylie Minogue dans les charts et même qu’elle aurait exigé qu’un avion spécial soit envoyé de Londres à Auckland pour lui apporter la robe Versace qu’elle souhaitait exhiber au gala de l’America’s Cup. Toutes ces rumeurs ont couru parce que les pipelettes n’avaient rien de mieux à se mettre sous la dent. Les tabloïds, comme la nature, détestent le vide.

Kirsty a toujours admiré les sportifs, et elle sait bien que son mari est un athlète mutant. Elle n’est pas dupe. Son rôle de Pénélope, elle l’a joué en s’amusant avec son sans-fil sur le yacht Vava et en s’arrangeant pour que toujours, le succès paraisse naturel, «effortless».

Par son enthousiasme et son sens de la famille, elle a tenu un rôle central dans l’aventure Alinghi. Elle a tissé des liens dans l’équipe, tricoté les mailles sociales et amicales d’une réussite due autant aux ressources humaines qu’à la technologie. Alors que rien n’était encore joué, elle a su inspirer confiance à Russell Coutts et lui faire comprendre que le rêve d’Ernesto n’avait rien à voir avec un projet commercial. Elle a su créer autour d’elle un climat d’amitié et de sincérité.

On dit que la victoire d’Alinghi est celle de l’arc lémanique sur Silicon Valley. C’est à la fois juste et très incomplet. Car cette aventure est aussi celle d’un couple. Alinghi est la seconde réussite d’Ernesto et Kirsty Bertarelli. La première s’appelle Chiara, elle a deux ans et elle sourit comme un dauphin.



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