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fouleDIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2003
Pour comprendre le phénomène des flash mobs
Trois mois après leur apparition, ces réunions spontanées sont déjà en crise d'identité. Commentaires du principal théoricien du mouvement, Howard Rheingold.
Par Francis Pisani

Il ne se passera bientôt plus un jour sans qu’une flash mob soit organisée à un endroit ou l’autre de la planète. La semaine dernière, une de ces réunions spontanées s’est tenue en Pennsylvanie: sans raison apparente, plusieurs centaines d’individus se sont mis à embrasser des inconnus à 17h33 dans une grande librairie et se sont dispersés aussitôt.

Samedi, une autre flash mob a été observée à Seattle: une centaine de personnes ont convergé vers une place et ont crié «the doctor is in» en sautillant. Là encore sans raison apparente.

Organiser une flash mob est extrêmement simple: il vous suffit d’envoyer un e-mail à un groupe de personnes en les invitant à se présenter à un endroit précis et à une heure précise pour commettre un acte collectif gratuit. Si les personnes viennent et jouent le jeu, vous avez votre flash mob.

L’un des premiers de ces happening s’est tenu dans le grand magasin Macy’s de New York le 17 juin 2003. Quelques jours plus tard, à Paris, des dizaines d’inconnus se sont effondrés à l’entrée du Louvre l’espace de quelques secondes avant de se relever et de repartir en riant.

A Berlin, ils ont mangé des bananes. A Rio, tous vêtus de rouge, ils ont arrêté la circulation. Le 16 août, à Birmingham, des individus se sont réunis à 12h12 précises pour faire converger leurs donations devant les bureaux d’Oxfam, une ONG qui se consacre aux problèmes du développement. Un acte gratuit, vraiment?

Nous y voilà: trois mois à peine après leur apparition, les flash mobs sont déjà en pleine crise d’identité. Plusieurs acteurs ont manifesté leur crainte de voir le phénomène détourné à des fins commerciales. Cheesebikini, un des principaux sites de flash mob, invite ses lecteurs à éviter les centres commerciaux qui n’ont nul besoin de pub. Il lui est même arrivé de conseiller d’éviter tout achat à l’occasion d’une flash mob.

La survie des flash mobs dépend des participants. «Si on conçoit les flash mobs comme une force de divertissement théâtral, alors les possibilités ne sont limitées que par l’imagination des organisateurs», m’a expliqué le théoricien Howard Rheingold, auteur de «Smart Mobs», le livre qui a inspiré le mouvement.

Rheingold ne craint cependant pas la dérive commerciale: «Le phénomène dépend des participants qui font cela volontairement et pour s’amuser. Si demain, une flash mob se révèle être une entreprise commerciale, je crois que les gens réagiront avec hostilité.»

«Mon livre a prédit que les gens utiliseraient l’internet et les communications mobiles pour organiser des actions collectives, poursuit-il. En ce sens, les flash mobs sont exactement ce que j’avais prévu, si ce n’est qu’elles sont une forme de divertissement urbain plutôt que d’expression politique.»

L’un n’empêche pas l’autre. Les anarchistes s’en mêlent et déclarent sur un de leurs sites, Infoshop.org, que «la contestation devrait être créative et distrayante. […] Alors rejoignez-nous dans cette grande expérience pour prendre son pied dans la rue et faire que la contestation soit de nouveau amusante.»

«Les manifestations contre la guerre avant le déclenchement des hostilités en Irak, celles qui ont eu lieu contre l’OMC à Seattle et Gênes, ont été le fait d’activistes utilisant des tactiques de flash mobs», estime Rheingold.

Il en va de même de l’utilisation du SMS par la jeunesse coréenne pour peser sur les récentes élections, ou encore des réunions de partisans de Howard Dean, le candidat américain à la candidature démocrate qui fait le plus grand usage de l’internet. Tous ont recours aux mêmes technologies et aux mêmes méthodes dans le même esprit.

Mais Howard Rheingold est prudent: «Tous les groupes qui organisent une activité impliquant coopération n’ont pas nécessairement en tête des objectifs bénéfiques pour la société. Flash mobs et smart mobs peuvent très bien devenir violentes et antidémocratiques.»

Le phénomène est d’autant plus important qu’il semble constituer une étape essentielle dans les relations entre le monde virtuel et le monde réel. «Dans le monde des communautés virtuelles, des millions de gens sont capables de participer à des conversations avec d’autres qu’ils n’ont pas rencontrés et qu’ils ne connaissaient pas auparavant, pour la simple raison qu’ils ont en commun des intérêts spécifiques», rappelle Howard Rheingold.

«Maintenant les gens utilisent le même média pour organiser des activités à la face du monde.» Réjouissons-nous de ce que les premières manifestations de ce nouveau phénomènes aient eu lieu sur un pas de danse…

——-

Tentative d’histoire en direct des flash mobs: Mobproject.com.

Flashmob.info

Flocksmart.com.

Cheesebikini.

Flashhack



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