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retroviseur 05JEUDI 22 DÉCEMBRE 2005
L’enlisement américain et ses conséquences
Gérard Delaloye revient sur les événements qui ont marqué l’année politique. Premier volet d’une rétrospective qui passe par Washington, l’Irak, le Moyen Orient et la Bolivie.
Par Gérard Delaloye

L’événement marquant de l’année? Sans aucun doute l’enlisement américain en Irak et, plus généralement, la dégradation de la situation au Moyen Orient. Il n’est que de voir l’air emprunté du président Bush devant les caméras de télévision pour comprendre qu’il a perdu sa mensongère assurance et sa morgue dédaigneuse.

Les affaires vont mal pour lui, même si les consultations électorales organisées en Irak permettent à la presse internationale de faire passer pour des scrutins valides ce qu’un diplomate français appelle joliment « des recensements ethniques à répétition». Car le Kurde vote Kurde et le chiite chiite.

En réalité, les Etats-Unis, comme le prévoyaient les gens de bon sens au printemps 2003, se sont ensablés dans l’Irak. Les raisons de l’échec sont nombreuses, la première entre toutes étant qu’en ce début de troisième millénaire, la guerre d’agression ne peut plus être menée comme elles l’étaient au XIXe siècle. Les peuples, même somnolents, même étourdis par des tyrannies odieuses, ne se laissent plus phagocyter béatement.

Les Irakiens finiront par chasser l’armée américaine. Ce n’est qu’une question de temps. Avant les élections de l’automne 2006? Ou celles de 2008? A voir la vitesse avec laquelle la pression populaire et politique monter aux Etats-Unis, cela pourrait être 2006.

Même l’élargissement du conflit si cher aux néocons a du plomb dans l’aile. Adversaires déterminés de Washington, Syriens et Iraniens oublient le profil bas adopté immédiatement après le 11 septembre 2001 et relèvent la tête. Choisissant l’offensive après quelques années de prudence, Bachar al Assad semble déterminé à relancer la guerre du Liban. Walid Joumblatt, le leader druse, est la prochaine victime désignée dans ce vaste mouvement de déstabilisation.

En Iran, depuis son élection en juin dernier, le président Mahmoud Ahmadinejad renoue avec les débuts de la révolution khomeyniste et lance des imprécations, en particulier contre Israël, d’une telle violence qu’elles font blêmir les tenants du politiquement correct qui n’apprécient pas de se faire rappeler que, jusqu’à nouvel avis, les Européens ont fait plus de mal aux juifs que les musulmans.

Ces diatribes anti-israéliennes donnent une énorme résonance à la réaffirmation nationaliste en matière de défense avec les contorsions sur le nucléaire militaire, comme si Téhéran voulait chauffer à blanc les ultras de Tel-Aviv et les entraîner dans le piège d’une intervention qui, fantasmée par les mollahs, ne pourrait que déclencher la révolte des révoltes entre Méditerranée et Océan indien, entraînant dans son tourbillon fou les masses frustrées d’Egypte, de Jordanie et d’Arabie.

Où que l’on tourne les yeux dans cette région du monde, on ne voit que massacres en actes ou à venir. Le seul espoir, si minuscule qu’on ose à peine l’envisager, serait un tournant radical de la politique israélienne imposé par les prochaines élections, au cas improbable où la droite, divisée par les manœuvres de Sharon et Netanyahou, en viendrait à perdre le pouvoir après un quart de siècle.

Conséquence inattendue de l’enlisement américain en Irak et de l’obsession unique de la «guerre au terrorisme», l’Amérique latine a soudain trouvé un espace où manifester son autonomie. Il est bien connu que plus le maître est occupé au loin, plus on est maître chez soi.

La gauche latino, anti-impérialiste et démocratique, ne cesse depuis quelques années de marquer des points. En chassant des régimes corrompus en Argentine et au Venezuela. En votant Lula au Brésil ou Evo Morales en Bolivie. En attendant peut-être de porter, dans trois semaines, Michelle Bachelet à la tête du Chili.

De ces reculs manifestes des intérêts américain, l’administration Bush devra rendre compte devant les électeurs. Or depuis deux siècles, la domination de son sous-continent est garante de la puissance de Washington. Cette puissance serait-elle en baisse?

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La semaine prochaine: Puissance et impuissance, Washington vs Pékin



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