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palestineJEUDI 26 JANVIER 2006
La seconde mort de Yasser Arafat
Mondialisé comme tout un chacun, l’électeur palestinien a voté à droite. Il a porté le Hamas au pinacle. Analyse.
Par Gérard Delaloye

Nous ne savons toujours pas exactement de quoi (ni pourquoi) Yasser Arafat est mort dans son hôpital parisien le 11 novembre 2004. Mais nous savons désormais qu’il est vraiment mort politiquement.

Et nous en connaissons les causes: échecs diplomatiques répétés de l’Autorité palestinienne dont il fut le fondateur à Oslo en 1993 et le premier président, gestion calamiteuse des deux entités palestiniennes, Gaza et la Cisjordanie, corruption massive d’une administration fragile, luttes de clans pour s’approprier les fonds de soutien arrivant de l’étranger, etc., etc.

Cet échec politique est, à juste titre, sanctionné par l’électeur. Et cet électeur, mondialisé comme tout un chacun, vote à droite. Comme les Américains ou les Suisses. La gauche (FPLP) s’étant volatilisée, le centre (Fatah) effondré, l’électeur palestinien porte le Hamas au pinacle.

Un Hamas qui se veut ouvertement religieux, nationaliste et conservateur comme le prouve sa charte fondatrice adoptée en 1988, même si elle est un peu vieillie par rapport aux dernières positions de ce parti.

Ce succès n’est pas étonnant. Ce qui étonne par contre, ce sont les cris d’orfraie poussés par les médias, les politiciens et, surtout, les prétendus spécialistes de la question qui déplorent suavement sur les antennes n’avoir rien vu venir.

Comme si, pour ne donner qu’un exemple, la «missilisation» par les Israéliens le 22 mars 2004 de cheikh Ahmed Yassine, pulvérisé sur son fauteuil roulant de grand infirme, n’avait pas servi de puissant accélérateur électoral.

Il est tout de même surprenant qu’en plus des médias et des politiciens internationaux, qu’en plus des spécialistes de tous poils, les Israéliens eux-mêmes se soient laissé surprendre par le bon fonctionnement du système électoral palestinien qui est des rares héritages positifs du gouvernement Arafat et que le Hamas se mordait les doigts d’avoir boycotté lors du premier scrutin législatif en 1996.

Suite à ce succès, le ton est donné: avec l’arrivée du Hamas au pouvoir, les Palestiniens vont passer pour pis que des suppôts de Ben Laden. Comme de surcroît, la campagne pour les législatives israéliennes fixées au 28 mars va prendre son essor, les insultes vont fleurir. Car ce changement de donne au sein du mouvement palestinien va avoir de lourdes conséquences sur le scrutin israélien en renforçant, c’est couru d’avance, la droite et ses extrémistes anti-arabes, Netanyahou en tête.

C’est dire qu’après la disparition d’Arafat et de Sharon et le durcissement de tous les fronts moyen-orientaux, les rapports de force politiques dans la région sont en équilibre très instable.

Si l’on regarde en surface, on voit que la Syrie de Bachar el-Assad est sous enquête onusienne téléguidée par la France et les Etats-Unis pour l’assassinat de Rafik Hariri. Washington ne cache pas depuis plusieurs années que la dictature alaouite l’indispose vivement.

On voit aussi que l’Iran est soumis à une pression de plus en plus forte sur une question d’armes de destruction massive qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs.

On voit enfin que les Etats-Unis et la vacillante coalition qui l’épaule sont embourbés en Afghanistan et en Irak où ils ont déployé leurs troupes pour lutter contre le terrorisme. Il est évident pour tout esprit sensé que la victoire sur un ennemi insaisissable mais omniprésent leur échappera toujours, mais ils peinent à l’admettre.

Si l’on regarde maintenant en sous-sol, on constate que le régime iranien et surtout son nouveau président dépeint avec une belle unanimité comme un fou furieux est suffisamment populaire pour remporter toutes les compétitions électorales depuis bientôt 30 ans. On constate aussi que le Hamas (de son vrai nom, Mouvement de résistance islamique) issu de la mouvance des Frères musulmans est non seulement capable de vaincre en Palestine, mais qu’avec des élections libres, il l’emporterait haut la main en Jordanie et, surtout, en Egypte.

Or l’Etat-clé de la région est précisément l’Egypte, cette Egypte congelée dans une dictature militaire de type nationaliste depuis un demi-siècle. Son président Hosni Moubarak (77 ans) se fait vieux, le dernier scrutin qu’il a organisé a failli mal tourner. Au lendemain de la proclamation des résultats, il a fait emprisonner le leader de l’opposition sous un misérable prétexte. Qu’il vienne à disparaître, il sera difficile alors d’empêcher une déferlante islamique.

Puisque l’Occident (l’Europe et les Etats-Unis) se porte militairement garant de l’existence d’Israël et que la raison ne saurait envisager le recours à une guerre généralisée au Moyen Orient, la seule question qui compte dans ce contexte hautement explosif est la suivante: comment fera-t-il pour contraindre les héritiers de Sharon à négocier de bonne foi un traité de coexistence avec leurs voisins arabes?



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