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aviationMARDI 16 MAI 2006
Le téléphone mobile se découvre des ailes
Le système de la société genevoise OnAir permet l'usage du mobile en vol en toute sécurité. Faut-il privilégier la communication, ou la tranquillité dans la cabine?
Par Catherine Cochard

Jusqu’ici, monter dans l’avion, c’était se couper un peu du monde et du stress terrestre. L’occasion de se retrouver dans un espace certes confiné, mais relativement calme. Car la parenthèse du voyage aérien est aussi devenue l’un des rares moments où l’on peut résister aux sollicitations, tant de la hiérarchie professionnelle que des proches.

Plus pour longtemps. L’entreprise genevoise OnAir se réjouit d’avoir mis au point un système permettant d’utiliser le réseau GSM à l’intérieur de la carlingue sans perturber les communications aériennes ou l’électronique de l’appareil. «Les premiers passagers pourront téléphoner en vol au début de 2007», s’enthousiasme George Cooper, directeur général de OnAir, basée à Cointrin.

Air France sera la première des compagnies européennes à acquérir un Airbus A 318 monocouloir équipé du système GSM OnAir. Pendant six mois, elle effectuera des essais passagers sur des vols moyen-courriers en Europe et en Afrique du Nord. Cette phase de test permettra d’observer les réactions des utilisateurs et de définir les modalités futures d’application et de généralisation de cette technologie. «Les passagers répondront à un questionnaire. Cette étude permettra de décider de l’extension éventuelle de la téléphonie mobile à d’autres avions de la flotte», explique Pénélope Carrard, porte-parole d’Air France. D’autres compagnies, comme BMI et TAP Portugal, ont aussi montré leur intérêt pour la technologie de l’entreprise genevoise.

OnAir a déjà jaugé les envies de la clientèle aérienne: 70% des 1450 passagers sondés souhaitaient utiliser leur téléphone portable durant les vols. Mais la plupart des voyageurs questionnés estimaient aussi que la tranquillité à bord devait rester primordiale et bon nombre d’entre eux pensaient que le problème des nuisances sonores devait être discuté et résolu avant de permettre l’utilisation des mobiles dans la cabine. Verra-t-on apparaître des «zones GSM» comme on trouvait autrefois des zones fumeurs? C’est bien possible. Chez Swiss, on préfère attendre: «Est-ce une réelle demande venant de nos clients? Ne préfèrent-t-ils pas la tranquillité? Nous sommes en phase d’observation», résume Dominik Werner, porte-parole de la compagnie.

Aux Etats-Unis, un sondage réalisé par la Ligue nationale américaine des consommateurs révèle que de nombreux passagers s’opposeraient à la levée de l’interdiction, et cela précisément à la perspective de conversations incessantes et dérangeantes.

Face à ces enjeux, de nombreuses compagnies préfèrent attendre les premières conclusions des essais réalisés par Air France. «Cette technologie est en pleine évolution, explique Dominik Werner, de Swiss. Bien sûr que nous observons ce qui se passe sur le marché. Mais de nombreuses questions se posent, relatives aussi bien aux aspects techniques qu’aux aspects sociétaux. Quels seront, notamment, les coûts engendrés par cette solution pour le client?»

Chez OnAir, on pense que «les compagnies qui offrent ce service auront indéniablement un avantage compétitif sur les autres. D’ici peu, le système sera disponible sur tous les vols, et on ne se représentera plus l’aviation civile sans la téléphonie mobile.»

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Une version de cet article est parue dans L’Hebdo du 11 mai 2006.


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