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TECHNOPHILE

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retrogamingMARDI 06 NOVEMBRE 2007
Futur antérieur
Disponibles en ligne sans téléchargement, les tout premiers jeux vidéo, devenus cultes, s’offrent une nouvelle vie. Lassés des consoles, les adeptes de l’esthétique simple et des plaisirs virtuels d’autrefois se multiplient.
Par Bertrand Beauté

Nostalgiques de Pac Man, Arkanoid ou Space Inviders, réjouissez-vous! Tous ces jeux, et d’autres célébrités comme Prince of Persia, Bomb Jack ou les premiers Super Mario, se pratiquent désormais directement en ligne sur des sites comme Nintendo8.com ou 1980-games.com.

«Ces sites sont idéaux pour retrouver “l’esprit initial du jeu”», s’enthousiasme Didier Mottaz. Ce collectionneur de 42 ans, qui a ouvert en début d’année le premier musée du jeu vidéo interactif consacré aux objets de la marque Nintendo, à Remaufens (FR), regrette la complexité des jeux actuels. «Graphiquement, ils sont vraiment extraordinaires. Mais avant de faire une simple partie de football, il faut passer une demi-heure à choisir ses joueurs et à configurer son équipe. Alors que moi, je souhaite simplement m’éclater.»

Longtemps, il fallait un émulateur, logiciel censé mimer le comportement d’une vieille console sur un PC dernier cri, pour redécouvrir l’ambiance originelle des jeux vintage. Peu de consoles de l’époque ont en effet résisté à l’épreuve du temps. Car les trois grands constructeurs, Sony, Nintendo et Microsoft, sortent de nouveaux modèles tout les trois ans, renvoyant aux oubliettes les anciens jeux. Lancé initialement pour éviter leur disparition complète, un nouveau courant est né à la fin des années 1990: le retrogaming.

D’abord solitaires, les fans de ce nouveau courant, les «retrogamers», se sont multipliés. Dès la fin des années 1990, ils ont commencé à s’échanger de vieilles consoles, avant de développer des émulateurs. Fragiles, ces logiciels ont la fâcheuse tendance de faire planter les PC. Avec l’apparition de sites spécialement dédiés aux jeux anciens, ce problème est résolu.

Depuis, le phénomène du retrogaming explose au point de constituer une vraie cyberculture. Certains artistes plasticiens n’hésitent pas à reprendre le pixel comme vecteur de création artistique, ultime preuve de leur affect. L’artiste français Space Invader en est l’un des meilleurs exemples: il sème aux quatre coins de la planète, notamment à Lausanne et Genève, des mosaïques en forme de Space Invaders, protagonistes du célèbre jeu éponyme. «L’idée est “d’envahir” la planète en répandant dans des villes du monde entier des personnages inspirés des premières générations de jeux vidéo», explique-t-il sur son site Internet.

«En Suisse, je suis encore le seul, à ma connaissance, à avoir une activité liée au retrogaming», reprend Didier Mottaz. Mais, en France notamment, ces aficionados du pixel sont particulièrement nombreux. A tel point qu’une boutique, baptisée Retrogame shop, a ouvert ses portes il y a 3 ans, à Paris, tandis qu’un magazine, Pix’n Love, dévoile l’actualité de ce secteur hétéroclite

La tribu des retrogamers se divise schématiquement en trois profils: les nostalgiques, les collectionneurs et les novices. Les premiers sont généralement des hommes de 25 à 35 ans. Ils ont grandi avec les bornes d’arcade, la NES, le Commodore 64, l’Amstrad CPC 6128, ou les Atari ST. Fans de jeux vidéo durant leur adolescence, ils ont délaissé cet univers en entrant dans la vie active. «J’ai complètement arrêté de jouer en 2000, avec la sortie de la Playstation 1, se souvient Régis Miserolle, patron du Retrogame Shop. Les jeux qui sortaient à l’époque, tout en 3D, m’intéressaient moins et j’avais d’autres occupations».

Quelques années plus tard, lors d’un voyage au Japon, il redécouvre l’atmosphère très simple des premiers jeux et décide d’ouvrir une boutique. Problème: «Il est de plus en plus difficile de trouver des vieux jeux en bon état», explique-t-il. Les sites de jeux en ligne permettent de s’affranchir de recherches fastidieuses. Même si «la jouabilité n’est pas tout à fait la même que sur les consoles d’origine, notamment car les manettes et l’écran sont différents», estime Didier Mottaz, qui est à classer résolument parmi les collectionneurs. «Mon but est de posséder chacune des consoles existantes, avec une préférence pour Nintendo. J’adore essayer tous les jeux dans toutes leurs versions.» Résultat: il a amassé près de 6000 pièces auxquels ses clients peuvent jouer gratuitement dans son musée. «Il y a beaucoup de nostalgiques qui viennent rejouer aux consoles de leur enfance. Mais il y a aussi des jeunes qui commencent parce qu’ils trouvent que des jeux comme Grand Theft Auto (GTA), “on en a vite fait le tour”». Ces retrogamers novices n’étaient pas nés à la belle époque de l’arcade, de la Nes et autres Commodore 64. Avec eux, les jeux anciens s’offrent un bel avenir devant eux.

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Une version de cet article est parue dans L’Hebdo du 1 novembre 2007



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