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alimentationLUNDI 28 OCTOBRE 2013
Manger des insectes pour sauver le monde
Soutenue par l'ONU, l’association Grimiam veut lever l’interdiction de la consommation d’insectes en Suisse. Elle met en avant leurs bienfaits nutritifs et écologiques. Dégustation.
Par Serge Maillard

Un léger croustillant sous la dent, un arrière-goût de pop-corn, le tout naturellement salé. Si l’aspect fait penser à de la petite friture du lac, ce sont bien des criquets pèlerins que Louis Champod a préparés dans son atelier de Renens (VD): «J’ai juste enlevé les pattes arrière.» Pas mauvais, si l’on ferme les yeux! Le naturaliste originaire du Val-de-Travers s’est fait le champion national de la consommation d’insectes. «Mais attention, je ne peux vous les faire goûter qu’à titre privé.» La commercialisation d’insectes comestibles reste illégale en Suisse, comme dans l’Union européenne.

En septembre, Louis Champod a fondé l’association Grimiam, qui lutte pour la «dépénalisation» de cette pratique. Son idée: commercialiser de la poudre d’insectes, beaucoup plus appétissante que les insectes entiers, en homologuant quatre espèces: les grillons domestiques, les criquets pèlerins, les vers de farine et les zophobas (des vers à bois).

Le Neuchâtelois peut compter sur un soutien de taille dans son combat, celui de la FAO, l’agence des Nations Unies pour l’alimentation, qui a lancé en mai dernier un programme au nom explicite, «Mangez des insectes». Les avantages de l’entomophagie sont nombreux, tant sur le plan nutritif qu’écologique. Sources de vitamines et de protéines, les insectes se présentent comme un substitut à la viande. Un substitut beaucoup moins contraignant pour les écosystèmes: «Aujourd’hui, le tiers des terres émergées sont utilisées pour le bétail et le fourrage», rappelle le naturaliste.

Vingt ans de combat

Plus de deux milliards d’humains en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie consomment régulièrement des insectes. «Et même ici nous en mangeons déjà sans le savoir, dans le pain ou la confiture. Vous croyez vraiment que les fabricants parviennent à les ôter tous?» Pendant quinze ans, Louis Champod a proposé des dégustations de sucettes aux criquets, de petits gâteaux aux grillons ou de pizzas aux larves à Migros, Coop, Manor et même Paléo. Jusqu’à ce jour de novembre 2010 où il reçoit un coup de fil de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) qui lui enjoint de cesser cette pratique. «A l’époque, je ne savais pas que c’était illégal! En Suisse, on peut manger des chats, des chiens et même des zèbres, mais pas des insectes.»

Ceux-ci ne sont pas admis par l’ordonnance consacrée aux aliments d’origine animale. «Lors des inspections, les denrées alimentaires seraient très difficiles à distinguer des parasites, comme des vers dans la farine ou dans des noisettes, explique Sabina Helfer, porte-parole à l’OFSP. Cela ne serait sûrement pas dans l’intérêt de l’hygiène alimentaire.»

«Plus de 35 000 personnes ont déjà goûté mes insectes et personne n’a jamais été malade, rétorque Louis Champod. Les champignons, eux, causent près de 500 intoxications alimentaires chaque année en Suisse.» Le naturaliste a déposé plusieurs recours et demandes d’autorisations, sans succès pour l’heure, afin de commercialiser des barres chocolatées ou des biscuits aux insectes. «Cela fait vingt ans que je me bats et je reste optimiste. Les nouvelles générations comprennent mieux les atouts écologiques des insectes. Et avec le soutien de l’ONU, je ne vais plus me battre contre un mur!»
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Une version de cet article est parue dans L’Hebdo.



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