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technologieVENDREDI 15 NOVEMBRE 2013
«Gravity»: publicité de luxe pour un projet spatial suisse
Le film hollywoodien met en lumière les risques liés aux déchets spatiaux. Un problème que l’EPFL et la société vaudoise S3 tentent justement de résoudre.
Par Benjamin Keller

La station spatiale internationale (ISS) pulvérisée par un nuage de débris: bien que poussé à l’extrême, le scénario du film Gravity montre le danger de l’accumulation des déchets spatiaux, qui constituent 90% des 16′000 objets de plus de 10 cm en orbite catalogués par le Space Surveillance Network. Un chiffre qui a doublé en vingt ans.

Le succès du film d’Alfonso Cuarón fournit une publicité inattendue au projet suisse CleanSpace One, entamé en 2009 par l’EPFL. Objectif: créer un satellite muni d’une pince capable de saisir un débris spatial pour l’amener dans l’atmosphère et se désintégrer avec lui. Le système de lancement sera celui de l’entreprise vaudoise Swiss Space Systems (S3).

Hasard du calendrier, le partenariat entre la société domiciliée à Payerne et l’EPFL a été annoncé un mois avant la sortie du film en octobre dernier. «Le timing n’était pas calculé», assure, amusé, Grégoire Loretan, responsable de la communication de S3.

La société vaudoise, fondée en 2012 et qui compte une cinquantaine d’employés, ambitionne de lancer de petits satellites à des fins commerciales. Son système se compose d’une navette arrimée au dos d’un avion gros porteur. Une fois que l’avion atteint une altitude de 10 km, il relâche la navette qui amène le satellite à la frontière de l’espace (80 km), pour le libérer ensuite et le laisser atteindre son orbite. Un dispositif moins coûteux et plus flexible que les fusées à étages traditionnelles. Autant la navette que l’avion sont réutilisables.

La collaboration avec l’EPFL a été initiée par S3, qui injecte 15 millions de francs dans le projet. Ensemble, ils veulent éliminer en 2018 le satellite de l’EPFL SwissCube, lancé il y a quatre ans par une fusée indienne pour observer des phénomènes lumineux appelés nightglows. «Il est encore fonctionnel aujourd’hui mais ce ne devrait plus être le cas dans cinq ans», précise Volker Gass, directeur du Swiss Space Center de l’EPFL.

Il se peut aussi que SwissCube soit percuté par un débris spatial d’ici là. Car il se trouve à 720 km d’altitude, dans la zone de basse orbite dite LEO (qui s’étend jusqu’à 2000 km), où le risque d’accidents est particulièrement élevé. Près de 12′000 objets de plus de 10 cm y sont répertoriés, dont environ 400 engins et satellites actifs. Leur vitesse élevée (un peu moins de 30 000 km/h) rend les chocs destructeurs. Il y a quatre ans, par exemple, un satellite russe opérationnel a été fracassé par un autre hors d’usage, engendrant plus de 2000 nouveaux déchets. L’ISS doit, pour sa part, régulièrement entreprendre des manoeuvres d’évitement.

«La menace est réelle, confirme Thomas Schildknecht, professeur à l’Institut d’astronomie de l’Université de Berne. Pour empêcher la croissance exponentielle du nombre de débris, la mesure la plus importante sera de supprimer ceux de grande taille des orbites situées entre 700 et 1000 km d’altitude. Les modèles montrent qu’il faudra en enlever plusieurs par année en commençant d’ici dix à quinze ans.»

CleanSpace One n’y parviendra pas tout seul. Ce n’est d’ailleurs pas le but. «Nous voulons avant tout faire avancer la technologie avec les étudiants et montrer qu’une telle opération est possible», explique Volker Gass, de l’EPFL. Il précise que d’autres initiatives similaires sont en cours de développement à l’échelle internationale, sous l’impulsion notamment de l’Agence spatiale européenne.

Du côté de S3, le projet servira surtout de vitrine pour son système de mise en orbite. «Nous restons une entreprise privée et nous n’allons pas nettoyer l’espace à nos frais, indique clairement Grégoire Loretan, tout en soulignant avoir une responsabilité en tant que lanceur. Si nettoyage il y a, nous serions cependant ravis de lancer d’autres satellites du type de CleanSpace One.»

Collaboration: Céline Bilardo
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Une version de cet article est parue dans L’Hebdo.



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