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TECHNOPHILE

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entrepreneuriatMARDI 22 MARS 2016
Une startup doit résoudre un problème de société
Blitab a développé une tablette qui traduit du contenu digital en braille. Interview avec sa cofondatrice, Kristina Tsvetana.
Par Clément Bürge

En quelques mois, la startup Blitab a récolté 11 prix internationaux. Kristina Tsvetanova, sa cofondatrice, parle du défi de lancer une startup à vocation sociale.

Comment avez-vous eu l’idée de créer Blitab?

Tout a commencé pendant mes études en ingénierie industrielle à l’Université de Sofia. Un étudiant mal-voyant est venu me demander de l’aide pour s’inscrire aux cours, il ne pouvait pas le faire seul. J’étais choquée. Je suis rentrée chez moi et j’ai fait quelques recherches sur le sujet. Et je me suis rendu compte que le boom technologique de ces dernières années, avec l’avènement du web et des smartphones, n’avait pas profité à tout le monde.

Quels sont les problèmes avec le braille et le web aujourd’hui?

Le braille est un excellent outil qui permet aux malvoyants de lire. Malheureusement, les appareils existants qui convertissent un texte en braille coûtent des milliers d’euros et sont compliqués à utiliser. Ils affichent notamment une seule ligne de texte à la fois. Leur technologie a été inventée il y a 40 ans et n’a pas changé depuis.

De plus en plus de smartphones et de tablettes disposent d’une fonction vocale qui permet aux malvoyants d’utiliser le web. N’est-ce pas suffisant?

Certaines personnes disent que le braille est en train de mourir à cause de cette fonction vocale. Mais ce système présente plusieurs problèmes. Comment garantir la sphère privée d’une personne aveugle si son smartphone lit des messages ou décrit ce qu’elle fait sur son téléphone à voix haute? Et comment lire un livre entier avec cette fonction vocale? Vous allez peut-être supporter cette voix robotique quelques lignes mais c’est tout.

En quoi votre tablette pour aveugles est-elle différente des autres produits déjà existants?

La tablette Blitab permet de convertir n’importe quel document en braille. Une clé USB peut y être connectée ou la tablette se met sur le wifi. La surface de la tablette fait sortir des petits points, que l’on nomme des ‘tixels’ (pour ‘tactile pixels’ en anglais, ndlr). La personne peut ensuite lire les différents points sur l’équivalent d’une page entière. La tablette peut aussi convertir des images en faisant ressortir les points pour qu’ils la représentent en 3D.

Combien coûtera votre produit?

Blitab devrait être disponible l’année prochaine et son prix va varier entre 200 et 2’500 dollars en fonction du pays dans lequel il sera vendu. Nous ne pouvons pas demander le même prix au Bangladesh ou en Allemagne. Pour l’utilisateur, cela va aussi fortement dépendre des subsides offerts par les gouvernements pour soutenir les malvoyants.

Vous avez quitté la Bulgarie pour vous installer à Vienne. Pourquoi avoir choisi l’Autriche?

Nous nous sommes vite rendu compte qu’en tant que startup à vocation sociale, Vienne allait nous convenir. Le gouvernement autrichien accorde des subventions généreuses aux projets sociaux. Le Département de l’économie autrichien était l’un de nos premiers partenaires et développeur. Nous avons reçu dès notre arrivée 35’000 euros pour lancer notre startup. Et nos premiers clients étaient des écoles germanophones. La proximité linguistique et géographique nous aidait à nous rapprocher de nos clients.
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Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 7).

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