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epidemieLUNDI 28 MARS 2016
Tous allergiques!
Près d’un tiers de la population souffre d’une intolérance au pollen, à certains aliments ou aux acariens. Une explosion provoquée principalement par notre obsession de l’hygiène.
Par Julie Zaugg

Les allergies touchent aujourd’hui entre 25 et 30% de la population. Leur nombre a connu une spectaculaire ascension durant la seconde moitié du XXe siècle, avec une accélération à partir des années 1980. «Il y a 100 ans, moins de 1% de la population était affectée», relève Georg Schäppi, directeur du Centre d’allergie suisse «aha!». L’Organisation mondiale de la santé prévoit même qu’en 2050, 1 personne sur 2 sera allergique dans le monde. Cette évolution s’est surtout fait sentir dans les pays occidentaux, mais, depuis peu, elle a gagné les pays en voie de développement, comme la Chine ou l’Inde. Il y a toutefois quelques particularismes régionaux. «En Suisse, on trouve par exemple beaucoup de gens allergiques au céleri», note-t-il.

Mais il est rare qu’une personne ne souffre que d’une seule intolérance. «On voit de nombreuses allergies croisées: un patient sensibilisé au pollen de bouleau va par exemple fréquemment développer une intolérance également aux noix et fruits à pépins, car la structure de leurs protéines se ressemble», relève François Spertini, médecin-chef du Service d’immunologie et des allergies du CHUV. Selon les spécialistes, la principale cause de cette épidémie est le mode de vie hygiéniste en vogue aujourd’hui, qui pousse la population à désinfecter ses maisons de fond en comble et à stériliser systématiquement les biberons des bébés.

«Nous sommes moins en contact avec des micro-organismes, comme les bactéries et les virus, explique François Spertini. Notre système immunitaire, qui n’a plus l’habitude de se défendre contre ce genre d’agression, va donc surréagir au contact d’un allergène et produire une inflammation.» La hausse de la consommation d’antibiotiques, qui fragilisent notre faune bactérienne, et la multiplication des césariennes électives, qui ne permettent pas à la mère de transmettre au bébé son microbiome, ont également eu un impact sur les allergies. Tout comme la présence toujours plus importante de particules fines dans l’atmosphère, produites par les chauffages et les pots d’échappement des voitures. «Cela fonctionne comme un facteur irritant sur les poumons des personnes déjà allergiques», souligne François Spertini.

Facteurs génétiques

La globalisation de nos habitudes culinaires favorise de son côté la survenue d’allergies alimentaires. «Il y a 50 ans, personne ne mangeait de kiwis chez nous, et donc personne ne développait d’intolérance à ce fruit, relève Philippe Eigenmann, responsable de l’Unité d’allergologie pédiatrique aux Hôpitaux universitaires de Genève. De même, les Asiatiques ont pris l’habitude de manger plus de céréales, et développent donc plus souvent des allergies à leur encontre.»

Le médecin rappelle toutefois le rôle central joué par la génétique. «Si les parents sont allergiques, l’enfant a de fortes chances de le devenir aussi», dit-il. Ce n’est pas l’œuvre d’un seul gène. «Il y en a plus de 100 qui déterminent le risque de développer une allergie.»

Que faire pour soigner une allergie? «On peut traiter les symptômes respiratoires au moyen d’un médicament contre l’asthme ou d’un antihistaminique, note François Spertini. Il faut aussi éviter d’ouvrir la fenêtre lorsqu’il y a beaucoup de pollen ou recouvrir les matelas de housses pour les protéger des acariens.» La désensibilisation, une thérapie qui consiste à habituer le système immunitaire à l’allergène en l’exposant à de minuscules quantités de ce dernier sur une période de deux ou trois ans, est une autre solution. «Cela fonctionne dans 90% des cas», glisse Georg Schäppi.

Pour les allergies alimentaires en revanche, l’unique solution reste d’éviter les produits provoquant une réaction. «Et, si l’on souffre d’allergie sévère, il faut toujours avoir sur soi une seringue remplie d’adrénaline en cas d’urgence», ajoute le directeur de la fondation «aha!».
Il est aussi possible d’agir en amont pour tenter de prévenir l’apparition d’allergies. «L’allaitement est recommandé pour renforcer le système immunitaire du bébé», note Philippe Eigenmann. Faire manger de tout aux enfants, le plus tôt possible, et les encourager à jouer dehors et à interagir avec des animaux pour stimuler leurs défenses naturelles, font aussi partie des recommandations. ⁄
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ENCADRE

Les allergènes les plus répandus

Les acariens
Ces petits insectes se reproduisent dans les matelas, coussins, duvets et autres espaces chauds et humides, avant de se répartir dans la poussière domestique. Leurs excréments provoquent des allergies caractérisées par des éternuements, un écoulement nasal, des yeux rougis et, parfois, de l’asthme. En Suisse, 5 à 8% de la population souffre d’une allergie aux acariens.

Les animaux
Chats, chiens, chevaux et rongeurs peuvent provoquer des symptômes de rhume, une inflammation de l’œil et de l’asthme. L’allergène se trouve dans leur salive. Les piqûres d’abeille ou de guêpe peuvent également créer une réaction allergique caractérisée par une peau enflée, des vomissements, une crise d’étouffement ou même un choc anaphylactique. Entre 3 et 4 personnes en décèdent chaque année en Suisse.

Le pollen
Le pollen de bouleau, de noisetier et de graminées provoquent la majorité des allergies. Les personnes affectées ont le nez qui coule, les yeux irrités et, dans 30% des cas, de l’asthme. Cela concerne 15 à 20% de la population en Suisse. A cause du réchauffement climatique, la période critique pour le rhume des foins commence deux à trois semaines plus tôt et dure plus longtemps. Depuis quelques années, la Suisse romande et certaines régions du Tessin ont vu arriver l’ambroisie, une espèce invasive d’Amérique du Nord. Environ 8% de la population est désormais allergique à cette plante au pollen extrêmement agressif.

Les aliments
Le lait, les œufs, le soja ou les cacahuètes chez les enfants et les kiwis, le céleri, les noisettes, les fruits de mer, le sésame, les pommes et les noix chez les adultes sont les aliments les plus souvent associés à une allergie. Celle-ci se manifeste par de l’urticaire, une sensation de picotement dans la bouche, un gonflement des muqueuses, des vomissements, des crampes à l’estomac et, dans certains cas graves, un choc anaphylactique. L’allergie ne doit pas être confondue avec l’intolérance alimentaire – au gluten, au lactose ou au fructose par exemple – qui empêche le corps de synthétiser certaines substances. En Suisse, 10% des adultes et 4% des enfants souffrent d’une allergie alimentaire.

Le latex
Le latex est à l’origine de ce qu’on appelle une allergie de contact, caractérisée par une réaction cutanée mais aussi parfois par des difficultés respiratoires. Il génère souvent une allergie croisée avec l’ananas, l’avocat, la banane, la châtaigne, la figue, la mangue ou les tomates. Environ 2% de la population est touchée. Cette part atteint 10 à 17% parmi les professions médicales, souvent en contact avec le latex.
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Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 8).

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