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KAPITAL

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entrepreneuriatMARDI 31 MAI 2016
Ces concepts innovants qui n’existent pas encore en Suisse
Derrière chaque succès entrepreneurial se trouve une bonne idée. Premier volet des «30 idées business qui cartonnent à l’étranger».
Par Sophie Gaitzsch

Ça y est, c’est décidé: en 2016, vous lancez votre propre société! Il est vrai que la Suisse est une terre fertile en la matière. D’après les dernières données publiées par l’Office fédéral de la statistique, le nombre d’entreprises créées dans le pays n’a jamais été aussi élevé. Plus de 12’240 en 2013, un chiffre en augmentation constante au cours des dernières années et qui promet de croître encore à l’avenir.

Chaque réussite entrepreneuriale repose sur une bonne idée, mais l’offre imaginée doit aussi correspondre à un besoin sur le marché et apporter une vraie plus-value aux clients. Pour autant, plutôt que de se creuser la tête pour inventer un concept de toutes pièces, pourquoi ne pas s’inspirer des idées qui cartonnent à l’étranger?

Commentées par des experts romands, chacune des idées de business sélectionnées pour ce dossier s’accompagne d’une fiche qui évalue son potentiel de réplicabilité en Suisse, l’investissement de départ nécessaire et son potentiel de rentabilité. Maintenant, à vous de jouer…

MODE, SPORT, LOISIRS

Miroirs interactifs dans les boutiques
Finies les files d’attente aux cabines d’essayage, des miroirs intelligents voient le jour pour permettre aux clients d’imaginer un vêtement sur eux sans vraiment l’enfiler, comme chez Prada à New-York. L’utilisateur peut se mirer sous différents angles, sélectionner à l’écran d’autres produits du magasin et mélanger les tenues virtuellement, ou encore partager des photos via les réseaux sociaux.

Annick Mokoi, diplômée de la Haute école d’art et de design Genève (HEAD) en Commercialisation de la mode et fondatrice de start-up dans le domaine, est séduite par l’idée. «H&M et Zara n’en ont pas besoin car ils offrent déjà un renouvellement continu de leurs collections et des prix imbattables. Par contre, c’est un bon outil pour les indépendants et grands commerces de détail suisses, comme Globus ou Manor. Une expérience client augmentée permet de se démarquer dans un marché très concurrentiel.» Elle recense en Suisse romande un seul concept store digital: la boutique Heidi.com conçue en partenariat avec Samsung. Quand l’entreprise ne peut s’allier avec un géant de l’électronique, n’est-ce pas trop coûteux? «On est parfois étonné de tous les équipements que l’on peut louer au mois. Et si cela permet de faire venir 100 clients supplémentaires, cela vaut la peine d’essayer.»

Facilité à répliquer en Suisse: ***
Investissement de départ: **
Potentiel de croissance: **

Cuir de poisson et autres peaux «écologiques»
Des déchets de l’industrie agroalimentaire utilisés dans la fabrication d’accessoires et de chaussures fashion… En France, la start-up Femer s’est lancée avec succès dans ce filon il y a un an et demi. Située à proximité de l’océan Atlantique et de l’estuaire de la Gironde, elle récupère les peaux destinées à être jetées par les poissonniers et les pêcheurs, et les transforme en cuir pouvant être revendu aux créateurs de mode. «La technique du galuchat, soit le fait de tanner du cuir de poisson, est ancienne, explique Annick Mokoi. Ce qui est nouveau, c’est le parti-pris écologique.» La jeune entreprise mise sur des produits locaux qu’elle recycle tout en utilisant des processus de tannage naturels.

Verra-t-on du cuir de poisson fabriqué en Suisse? «Le galuchat a l’avantage d’être beaucoup moins couteux que du cuir traditionnel, dont le tannage peut durer plus d’une année. En général, lancer une gamme de produits basés sur du recyclage peut marcher si le produit est bien fait, le design original et qu’il y a un vrai storytelling.» A l’image de la société française dont les deux fondatrices, mère et fille, aiment à raconter dans la presse comment elles ont démarré leur activité dans une cabane d’ostréiculteur.

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: *
Potentiel de croissance: **

Surf d’eau douce
Le premier surf-parc d’Europe, Surf Snowdonia, a ouvert ses portes l’été dernier aux Pays-de-Galles. Ce bassin d’eau douce et son équipement génèrent des vagues artificielles de 70 centimètres à 2 mètres de hauteur. Douze millions de livres ont été nécessaires pour que naisse le projet. Les fondateurs tablent sur une fréquentation de 75’000 visiteurs par année, avec un prix de départ fixé à 19 livres.

Des vagues artificielles comme celles-ci, ils sont nombreux à en rêver en Suisse, débutants ou confirmés. L’attraction de surf de Swisscom, qui s’est déplacée de ville en ville en 2015, a fait le plein de visiteurs, comme l’explique Thierry Kunz, ancien snowboardeur professionnel en charge du marketing chez Nidecker, fabricant de snowboards et stand-up paddle: «Il y a une vraie communauté de surfeurs en Suisse qui a des moyens et voyage pour vivre sa passion. Il n’y a qu’à voir les plaques des voitures au bord de l’océan Atlantique: les Suisses viennent en troisième position, après les Français et les Espagnols.» Pour le sportif, la demande ne serait donc pas un problème, ni les fonds qui pourraient être réunis assez facilement au travers de sponsoring. «Ce qui est difficile, c’est de trouver un endroit et d’obtenir les autorisations. Des projets ont existé à Genève au ou en Valais, mais rien n’a encore vu le jour.»

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: ***
Potentiel de croissance: ***

Snowboard indoor
Ni poudreuse, ni remontées mécaniques dans ce centre d’entraînement de snowboard et de ski free-ride, mais des plateformes de tailles et dénivelés différentes, une moquette spécifique «effet neige» et des airbags géants pour absorber les chocs. L’entreprise Progresh dans le Colorado (Etats-Unis) propose ces équipements depuis plus de trois ans et le succès est au rendez-vous. L’installation de plus de mille mètres carrés sert également aux amateurs de BMX et skateboard. La société tire ses bénéfices des entrées, abonnements et cours de perfectionnement.

Leur force est de proposer des activités pour tous les niveaux, selon Thierry Kunz, collaborateur chez Nidecker à Rolle (VD) et ex-snowboardeur professionnel. «A ma connaissance, il n’y a qu’un seul centre suisse de ce type à Laax, une station alémanique qui a toujours misé sur les sports de glisse de haut niveau. En général, ce qui manque au monde du snowboard et du free-ride en Suisse, ce sont des installations accessibles à tous avec un coaching. On s’est brûlé les ailes à vouloir faire de l’hyper-pointu et on a oublié que l’important était de faire plaisir au grand public. Il y a un trop grand décalage entre ce qu’on propose dans les snowparks avec des rampes gigantesques et ce que les jeunes peuvent vraiment faire.»

Facilité à répliquer en Suisse: ***
Investissement de départ: **
Potentiel de croissance: **

Les fêtes du matin
Un concept pour redynamiser le secteur des boites de nuit: organiser des fêtes dansantes dès 7h du matin, avec des smoothies et du café à la place de l’alcool. Cette tendance, baptisée «Daybreaker» vient des Etats-Unis, où des manifestations du genre peuvent réunir plus de 500 personnes. Il peut s’agir essentiellement de passer de la musique, mais aussi parfois d’organiser des cours de yoga ou d’autres activités dans des lieux atypiques.

Thierry Wegmüller, co-dirigeant, entre autres, du D-Club et du Bleu Lézard à Lausanne, est emballé par l’idée. «Je suis sûr qu’il y a une clientèle pour ce type d’événements: des personnes qui veulent s’amuser sans forcément boire de l’alcool ou faire la fête jusqu’à 4h du matin. De notre côté, nous planchons sur des after-works dansants pour répondre à cette demande.» Ouvrir à des heures moins traditionnelles constitue un bon moyen de rentabiliser des lieux déjà existants, estime-t-il. «Je crois, par contre, qu’il serait très difficile d’ouvrir un nouveau club qui marche dans une ville comme Lausanne qui en compte déjà 23.» Autre difficulté, il faudra modifier la législation du fait des nuisances matinales ou alors, trouver un moyen de la contourner ces règles, en organisant par exemple des «silent parties».

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: *
Potentiel de croissance: **
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SANTE ET BIEN-ETRE

Services wellness pour maisons de retraite
Le vieillissement de la population, source de défis, ouvre aussi de belles opportunités pour le secteur privé. En Grande-Bretagne, l’entreprise Oomph! Wellness s’est imposée en proposant des exercices et des activités pour améliorer la mobilité et le bien-être des personnes âgées dans les maisons de retraite. La PME se distingue par sa méthode, élaborée en collaboration avec des seniors, qui favorise les interactions et la participation des personnes atteintes de démence. Fondée en 2011, Oomph! Wellness est présente dans plus de 600 homes britanniques.

En Suisse, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans devrait doubler d’ici à 2060, selon l’Office fédéral de la statistique. «Le marché des services au seniors représente un créneau très intéressant, estime Pascal Bourgier, coach spécialisé en création d’entreprise à l’association de soutien aux start-up Genilem. Outre le fait que cette catégorie de population est en forte augmentation, on peut noter qu’elle est relativement aisée. Les visites avec des animaux ou les ateliers créatifs dans les EMS existent déjà, mais ils sont plutôt le fait d’indépendants. Il y a encore de la place pour de nouvelles entreprises dans le secteur! L’investissement de base pour un service d’activités dans les EMS est vraiment minime. Mais il ne faut pas oublier que tout ce qui touche à la santé est très réglementé en Suisse.»

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: *
Potentiel de croissance: ***

Bars à sieste
En matière de bien-être et de relaxation, la tendance est au petit somme réparateur en milieu de journée, une pratique dont les bienfaits sur les capacités intellectuelles et la réduction du stress sont désormais reconnus. Après les bars à ongle et les bars à sourire, déjà bien implantés en Suisse romande, verra-t-on prochainement apparaître des bars à sieste? Le concept emporte l’adhésion du public depuis quelques années déjà dans plusieurs grandes villes étrangères, notamment à Paris, Madrid et Tokyo. Dans la capitale française, la boutique ZZZen propose des temps de repos de 15 à 45 minutes dans des fauteuils, des lits massants ou des hamacs. Les prix s’échelonnent de 12 à 27 euros.

Pascal Bourgier, de Genilem, juge le concept intéressant. «Mais il semble surtout pertinent dans de grandes agglomérations où la population passe parfois plusieurs heures dans les transports pour se rendre au travail. En Suisse, un tel projet pourrait par ailleurs se révéler compliqué à mettre en place pour des raisons culturelles, les Suisses étant moins habitués à la promiscuité que les Japonais, par exemple.» Trouver un espace adapté et suffisamment grand au centre-ville, où se trouve le public cible, représente un investissement important.

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: ***
Potentiel de croissance: *

Service de manucure au bureau
Fondé en 2012 aux Etats-Unis par deux jeunes diplômées de la fameuse Harvard Business School, la start-up de manucure dans les entreprises Manicube a rapidement pris de l’ampleur. Elle compte aujourd’hui parmi ses clients plus de 250 compagnies à New York, Chicago, Boston et San Francisco. Au départ, ses créatrices ont misé, avec succès, sur le fait que de nombreux services pour faciliter la vie des employés des grandes entreprises s’adressent aux hommes. Les différentes formules de manucure, qui durent de 15 à 35 minutes, mettent par ailleurs l’accent sur le gain de temps. Après avoir fait ses preuves, Manicube a élargi son offre initiale avec des services de pédicure et de barbier.

Le coach en création d’entreprises Pascal Bourgier estime qu’un projet d’entreprise similaire pourrait fonctionner dans la région romande. «Il existe en Suisse une vraie culture du service de qualité. Une initiative de manucure sur le lieu de travail, qui permet aux employés d’économiser du temps, peut notamment intéresser les entreprises qui cherchent à fidéliser leur personnel. Nous constatons que les multinationales mènent une réflexion à ce sujet et que beaucoup d’entre elles proposent des services de conciergerie.»

Facilité à répliquer en Suisse: ***
Investissement de départ: *
Potentiel de croissance: **

Fitness écolo
Aux Etats-Unis, le concept de fitness écologique The Green Microgym, qui a vu le jour dans la région de Portland, utilise des équipements générateurs d’énergie conçus par son fondateur. En pédalant, les usagers produisent du courant. Combiné à l’installation de panneaux solaires, le fitness crée ainsi lui-même 36% de l’énergie qu’il utilise. Pour réduire ses émissions carbones, l’entreprise mise par ailleurs sur une approche écologique globale: meilleure gestion de l’éclairage, appareils peu gourmands en énergie, matériaux recyclés, bouteilles réutilisables. Green Microgym commercialise aussi des vélos d’intérieurs qui permettent de recharger smartphone et ordinateurs portables.

Pascal Bourgier estime que le concept est intéressant mais pointe ses limites techniques: «Il faut beaucoup de gens qui pédalent pour arriver à éclairer une salle de sport. En Suisse, la grande majorité des porteurs de projets intègrent des composantes de développement durable dans leurs initiatives. La plupart des nouvelles salles de fitness ont franchi ce pas. Les innovations qui ont bien fonctionné ces dernières années concernent surtout la nature du service offert, par exemple les fitness accessibles 24/24.»

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: ***
Potentiel de croissance: **

Appareils pour analyser la nourriture
Un nombre croissant de consommateurs souffrent d’allergies ou d’intolérances alimentaires. Sebastian Goudsmit, un diplômé de l’Université technique d’Eindhoven, a mis au point un «scanner» qui entend faciliter la vie à ce groupe de population. Le dispositif permet de détecter les traces de lait, d’œuf ou de cacahuète dans la nourriture. Des hôpitaux universitaires et des entreprises ont participé au projet. Aux Etats-Unis, Tellspec s’apprête à lancer un senseur portable qui identifie les calories, les nutriments, les allergènes ou encore l’index glycémique d’un aliment. Il vise notamment une clientèle de personnes atteintes de diabète.

«Les questions que de nombreux consommateurs se posent sur leur alimentation représentent un marché porteur, analyse Pascal Bourgier de Genilem. La démarche nécessite toutefois une vraie étude de marché pour voir combien de cas sont concernés et quel public peut être touché.» Le spécialiste ne pense toutefois pas que de tels dispositifs puissent vraiment séduire le grand public suisse. «Contrairement à d’autres pays, la plupart des aliments disponibles en Suisse sont de bonne qualité. Un appareil destiné à analyser la nourriture en voyage pourrait constituer une piste intéressante.»

Facilité à répliquer en Suisse: *
Investissement de départ: ***
Potentiel de croissance: **
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TRANSPORT ET MOBILITE

Réparation de voitures et de vélos à domicile
La jeune entreprise américaine YourMechanic connaît un joli succès: fondée en 2011, elle est déjà présente dans plus de 300 villes des Etats-Unis. Via une app et un site internet, elle met en contact les propriétaires de voitures avec son réseau de mécaniciens mobiles. Elle se démarque par sa simplicité d’utilisation - le site est clair, les réservations possibles 24/24 - et sa politique de prix transparente.

En Suisse romande, les services à domicile se diversifient et rencontrent une demande croissante, en particulier auprès des citadins pressés. Les réparations de voitures à la maison ou sur le lieu de travail pourraient-elles s’imposer? «Implanter le concept dans la région risque de se révéler compliqué car le TCS, très présent et très puissant, fournit des services de dépannage à des prix ultra-concurrentiels, estime Giorgio Giovannini, directeur de Mobilidée, une entreprise genevoise de conseil et de gestion de projets liés à la mobilité. En revanche, un service de réparation pour les vélos a du potentiel! Il y a en Suisse beaucoup de vélos qui traînent dans les caves et que leurs propriétaires n’ont pas l’énergie d’amener en réparation. Cette idée est d’autant plus intéressante que les marchands de vélos se raréfient.»

Facilité à répliquer en Suisse: ***
Investissement de départ: *
Potentiel de croissance: ***

Accessoires de sécurité pour vélo
Eviter les bouchons et accomplir un geste pour l’environnement, tout en faisant de l’exercice: le vélo comme moyen de transport rassemble de plus en plus d’adeptes. Dans les pays anglo-saxons et dans le nord de l’Europe, cette tendance s’accompagne d’un foisonnement de nouveaux accessoires de sécurité innovants. L’entreprise britannique Blaze a par exemple mis au point un phare qui projette un symbole de vélo sur la route et rend le cycliste plus visible. En Suède, Hövding séduit avec son discret «casque», un dispositif qui se porte autour du cou et se déploie comme un airbag autour de la tête en cas de choc.

«En Suisse, il existe clairement une demande pour ce type de produits, analyse le spécialiste des questions de mobilité Giorgio Giovannini. Le nombre de cyclistes augmente, les ventes de vélos électriques explosent. En parallèle, l’offre d’accessoires dans les magasins reste très basique, alors que nous nous trouvons dans un contexte général qui met l’accent sur la sécurité. Les Suisses sont sensibles à ces questions, surtout les nouveaux cyclistes des centres urbains, et disposent d’un pouvoir d’achat important.» Reste à trouver la bonne idée innovante «Made in Switzerland» capable de conquérir le public.

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: **
Potentiel de croissance: ***

Services dans les taxis
De retour de voyage ou en fin de soirée, le trajet en taxi pour rentrer chez soi paraît parfois interminable. Des petits plus proposés dans les voitures, comme la bouteille d’eau offerte par certains chauffeurs Uber, rendent instantanément l’expérience plus agréable. A New York, l’entreprise VengoLabs a élaboré des mini-distributeurs automatiques high-tech qui proposent boissons, snacks et médicaments aux passagers des emblématiques véhicules jaunes. En 2012, la société a gagné le prix «NYC Next Idea», décerné par l’organisation de promotion économique NYC Economic Development Corporation.

«En Suisse romande, en particulier à Genève, de nombreuses personnes se plaignent des taxis, constate le spécialiste de la mobilité Giorgio Giovannini. Le sentiment général est que la qualité n’est pas à la hauteur. Tout service complémentaire qui rend le taxi plus attractif représente un créneau intéressant. L’idée d’un service de distribution de type «Selecta» adapté aux véhicules me semble pertinente pour le marché suisse. Une fois le dispositif technique élaboré, la mise en place pourrait se faire sans trop de complications. La plus grosse contrainte reste de convaincre les chauffeurs de taxi, qui sont pour la plupart indépendants.»

Facilité à répliquer en Suisse: **
Investissement de départ: **
Potentiel de croissance: **

Scooters électriques en libre-service
Le vélo en libre-service s’est imposé dans de nombreuse ville à travers le monde. Le concept a depuis été décliné pour les deux-roues motorisés. Lancée en 2012 à San Francisco, l’entreprise Scoot propose une flotte de plus de 400 scooters électriques répartis dans 75 stations. A Paris, Cityscoot, actuellement en phase de test, a pour objectif de déployer 1000 véhicules dans la capitale française à partir de 2016.

«En Suisse, il existe certainement un public pour une offre de ce type, surtout dans les centres urbains, indique le directeur de Mobilidée Giorgio Giovannini. Le secret de la réussite pour un système de libre-service, c’est la densité d’implantation des stations. L’utilisateur ne sera pas d’accord de faire 800 m ou 1 km pour chercher un scooter. Pour que cela fonctionne, il faut aussi parvenir à proposer des prix attractifs. Au rang des contraintes à surmonter, il faut encore noter l’obligation pour l’utilisateur de posséder un permis deux-roues et de porter un casque, mais aussi le fait que le scooter est perçu comme un moyen de transport risqué, en particulier en hiver. La mise en place d’un tel projet nécessitera un important investissement de départ et une concertation avec les autorités.»

Facilité à répliquer en Suisse: *
Investissement de départ: ***
Potentiel de croissance: **

Covoiturage pour le transport d’objets
En matière de mobilité, l’économie du partage a donné naissance à certaines des plus belles réussites entrepreneuriales de ces dernières années. On ne présente plus Uber, qui bouleverse l’univers des taxis. La plateforme française de covoiturage BlaBlaCar rassemble quant à elle plus de 20 millions de membres dans 19 pays. «Ce type d’initiatives, qui permettent une rationalisation des ressources et comprennent une dimension relationnelle et sociale, constituent la grande tendance du moment», note le spécialiste des questions de mobilité Giorgio Giovannini.

En France, la plateforme Jib.Li, créée en 2011, met en contact des particuliers qui s’apprêtent à voyager avec des personnes qui souhaitent expédier un colis à moindre coût. «Dans ce cas précis, la démarche est peut-être un peu moins pertinente pour le marché suisse, dans la mesure où les services postaux existants sont très performants, estime Giorgio Giovannini. Mais des prix compétitifs peuvent faire la différence.»

Facilité à répliquer en Suisse: ***
Investissement de départ: *
Potentiel de croissance: *
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Collaboration: Céline Bilardo, Séverine Géroudet, Blandine Guignier, William Türler.

Une version de cet article est parue dans PME Magazine.



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