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musiqueLUNDI 25 JUILLET 2016
Grrif, la radio qui a du chien
Alors que Couleur 3 stagne, la station jurassienne a vu ses audiences progresser de 30% en deux ans. Recettes d’un succès mordant.
Par Blandine Guignier

Un peu de sexe, pas mal d’impertinence et beaucoup de musique. Voilà les ingrédients de base de Grrif, la plus jeune des stations romandes, née en 2012 à Delémont avec pour slogan «déchirre ta rroutine». Sa recette séduit chaque jour près de 45′000 auditeurs, qui l’écoutent sur la bande FM depuis Yverdon jusqu’à Boncourt et partout ailleurs en diffusion numérique.

«Une des raisons du succès de Grrif vient de son côté laboratoire, qui rappelle les débuts des stations privées», souligne Thierry Savary, directeur de Radio Fribourg et fin connaisseur du paysage radiophonique romand. Seuls trois animateurs, trois journalistes, un programmateur et un directeur d’antenne la font vivre. Et cela dans un petit open-space faisant à la fois office de bureau, de cuisine et de studio.

Tout ce petit monde a reçu carte blanche de la part du propriétaire de la radio, le groupe de l’Arc jurassien BNJ dirigé par Pierre Steulet. «Au début, on a tout essayé et on s’est cassé la gueule par moment, indique le directeur d’antenne, Stève Geiser. Les critiques des auditeurs sur les réseaux sociaux, positives et négatives, nous ont beaucoup aidés à nous améliorer.» C’est cette liberté qui fait aujourd’hui la spécificité de la station: «Chacun vient avec ses envies pour faire une radio qui a du caractère.»

Sexe à l’heure du repas

Autre caractéristique du charme unique de Grrif: sa volonté d’aller à contre-courant. «Nous sommes des sales gamins, nous aimons prendre le contre-pied», résume Stève Geiser. L’exemple le plus parlant pour le directeur d’antenne est sans doute l’émission consacrée au sexe, diffusée chaque lundi à 18h. La lecture de textes érotiques, parfois assez crus, n’a d’ailleurs pas plu à certains parents jurassiens, dont les plaintes sont remontées jusqu’au Conseil communal de Delémont. «Personne n’avait encore programmé d’émission érotique à l’heure du souper et ça a fait jaser. Mais nous mettons beaucoup de moyens sur cette émission et nous ne voulons pas la diffuser à minuit quand personne n’écoute.»

L’impertinence des journalistes se retrouve aussi dans les interviews: «Le but n’est pas de faire plaisir à tout le monde. Si on interroge un directeur de festival de l’Arc jurassien, on va lui soumettre les critiques des visiteurs des années précédentes.»

Audiences en hausse

Outre les trois tranches d’émissions quotidiennes, à 6h30, 11h30 et 16h, la jeune radio se démarque aussi grâce à sa programmation musicale. «L’idée est de mélanger les genres — reggae, soul, rock, hip-hop — et les époques — des années 1950 à nos jours –, et de brasser tout cela de manière harmonieuse, indique Fabrice Aeby, le programmateur. C’est une vision courante aux Etats-Unis, moins en Europe, où on propose surtout des radios thématiques, par genre de musique.» Grrif, avec sa diffusion équilibrée de tous les styles de musique, faisait ainsi figure d’ovni dans un rapport de Publicom publié en 2014 sur les radios privées suisses, qui diffusent en grande majorité de la pop.

«La programmation participe beaucoup au succès de la radio, observe Thierry Savary. Celle-ci est nettement plus ouverte que celle des radios généralistes, souvent très ‘mainstream’.» Pour le Fribourgeois, la station jurassienne deviendrait même plus pointue que Couleur 3, qui voit ses audiences stagner autour de 200′000 auditeurs selon Mediapulse, alors que Grrif a observé une augmentation de 30% de ses auditeurs en deux ans.

«Grrif a de l’avenir, elle a vraiment sa place dans le paysage romand, relève le directeur de Radio Fribourg. Par contre, d’un point de vue commercial, comme elle est très particulière, elle peut connaître des difficultés pour plaire aux annonceurs.» La radio recherche d’ailleurs d’autres sources de financement. «On réfléchit à des contributions de la part de nos auditeurs», explique Stève Geiser, avant d’ajouter avec ironie: «Ou pourquoi pas des donations d’un mécène qatari!» Mais pas question qu’il touche à l’émission érotique.
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Une version de cet article est parue dans le magazine L’Hebdo.



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