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societeJEUDI 04 AOÛT 2016
La fin du (contrat de) travail
Un quart de la population suisse travaille en free-lance. Et toujours plus de jeunes actifs sont séduits par les principes de ce que l’on appelle la «gig economy»: travailler «à la mission» et sans employeur fixe.
Par Robert Gloy

Les chauffeurs Uber, qui utilisent leur véhicule et choisissent quand ils souhaitent travailler, sont-ils précurseurs d’une tendance plus générale de gestion des ressources humaines? On le dirait bien. Occuper un poste dans une entreprise avec des horaires fixes séduit de moins en moins la jeune génération, qui préfère cumuler différentes missions, en se mettant en relation avec des employeurs temporaires via des plateformes numériques.

Aux Etats-Unis, où la tendance s’observe depuis quelques années, cette nouvelle forme de salariat a été baptisée «gig economy», en référence aux artistes rémunérés au «gig» («prestation/concert», en anglais). Elle se développe à travers des plateformes comme Taskrabbit ou Upwork. Selon une étude de l’association des travailleurs free-lance, 53 millions d’Américains — soit 34% de la population active — effectuent aujourd’hui de manière régulière ou irrégulière des tâches professionnelles qui ne sont pas celles d’un emploi fixe.

En Suisse, c’est un quart de la population active qui travaille en free-lance, d’après une étude réalisée l’an dernier par le cabinet d’audit Deloitte. Mais la vraie ampleur de la Gig Economy demeure toutefois difficile à mesurer, estime Romain Hofer, porte-parole de Manpower en Suisse, un des leaders mondiaux dans le secteur du placement temporaire et du recrutement fixe. «Qui est vraiment concerné? Les indépendants? Ou ceux qui effectuent des petits boulots pour arrondir les fins de mois?»

Un tiers des jeunes intéressés

L’ampleur du phénomène reste difficile à évaluer, mais il semble progresser rapidement: dans une étude de Manpower sur les jeunes travailleurs suisses entre 20 et 34 ans publiée fin juin, plus d’un tiers des personnes interrogées se disent prêtes à mener leur vie professionnelle en tant que free-lance et en cumulant plusieurs activités.

La plateforme Gigme pourrait contribuer à accélérer le mouvement. Fondée en juin 2015 à Zurich, elle diffuse à l’heure actuelle des offres de service de particulier à particulier, principalement dans les domaines du conseil, de la formation, des travaux ménagers et des technologies de l’information. Et la plateforme vient d’obtenir les autorisations pour pouvoir mettre en lien des particuliers et des entreprises.

«En plus du travail de mise en relation, nous proposerons de prendre en charge toutes les démarches administratives en lien avec la mission de travail, telles que les charges sociales et les impôts, explique Thomas Löhrer, responsable marketing de Gigme. La Suisse est prédestinée pour la Gig Economy, car les gens y sont très bien formés et très ouverts aux nouvelles technologies et à leurs applications.» La plateforme compte s’ouvrir au marché romand d’ici quelques mois.

«Mais travailler ‘à la mission’ veut aussi dire renoncer à une certaine sécurité et stabilité dans la vie professionnelle, remarque Romain Hofer. Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer qu’un travailleur free-lance doit constamment jongler entre l’exécution d’une mission et la prospection.» Aux Etats-Unis, diverses études estiment que jusqu’à 70 millions de travailleurs pourraient se retrouver dans une situation précarisée dans les dix prochaines années.
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Une version de cet article est parue dans le magazine L’Hebdo.



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