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suisseVENDREDI 16 DÉCEMBRE 2016
Les gastronomes de l’UDC font la grimace
Tonner contre le parlement qui aurait dénaturé l’initiative populaire sur la libre circulation, c’est bien. Envisager que le peuple ait pu évoluer sur la question depuis le 9 février 2014, c’est mieux.
Par Nicolas Martin

Voilà, c’est prêt. Plus qu’à servir et déguster. On veut parler de la mise en oeuvre allégée de l’initiative UDC contre la libre circulation. Qui se consomme du bout des lèvres et sans le moindre soupir d’extase.

Généralement amateurs d’une cuisine bien plus grasse, les blochériens en tout cas semblent avoir baissé les bras. Ils ne voteront certes pas le texte concocté par le parlement mais renoncent à lancer un référendum, tout en continuant à penser qu’il s’agit là d’un infâme brouet.

Il faut dire que la majorité des épices préparées par les gâte-sauces de l’UDC et validées par le peuple ont été rayées de la carte par les mitrons des chambres. Plus de préférence nationale en matière d’emploi. Plus de contingents et de plafonds s’agissant des réfugiés, plus d’interdiction pour la Suisse de signer des traités internationaux qui contreviendrait à l’initiative. Bref, plus rien de tout ce qui faisait le charme ravageur et populiste du 9 février.

Ne reste guère que l’invitation lancée au Conseil fédéral d’utiliser d’abord la main d’oeuvre potentielle existant en Suisse, et quelques très menues obligations faites aux employeurs en cas de chômage avéré ou autres difficultés dans tels ou tels secteurs. Comme annoncer les postes vacants aux offices de placement: on mesure la révolution. Bref nous voici très loin du compte et du cadenassage voulu par l’UDC et le peuple, dans la foulée.

Sur ce coup, l’UDC se trouve parfaitement seule. Son maître à penser, Roger Köppel, ne décolère pas et sort la très grosse artillerie dans la Weltwoche: «Même les gens qui ne rejoindraient l’UDC que sous l’influence de drogues ou sous la menace de violence conviennent qu’une telle violation de la Constitution est inédite dans l’histoire de la Suisse».

Pour lui, le parlement s’est couché, par couardise, devant la puissance de feu européenne. En faisant fi d’une volonté populaire qui avait été pourtant dûment briffée sur la mise en péril de nos relations avec l’Union que cette initiative occasionnerait et qui l’a approuvée quand même, en toute connaissance de cause. Ce que Köppel traduit ainsi: «Pourquoi ne pas faire le constat objectif que par temps de franc fort, de crise de l’euro et d’incertitude généralisée, la majorité du parlement n’a tout simplement pas le courage de froisser l’UE avec une décision populaire suisse?».

Eh bien, peut-être parce que ce fameux peuple souverain a sans doute évolué depuis le 9 février 2014. Que lui aussi commence à partager l’idée que l’UE, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il est difficile de faire comme si elle n’existait pas. Peut-être parce que le peuple, tout comme nos frileux parlementaires, voit bien les turbulences que connaît l’Union, empêtrée dans le Brexit et échaudée par le perspective de nouveaux séismes lors des prochaines élections françaises et allemandes. Qu’en conséquence, il ne serait peut-être pas complètement stupide d’attendre pour voir, d’y aller en tout cas mollo.

Peut-être également parce cette application très modérée de l’initiative sur la libre circulation permettra à la Suisse, en échange de sa bonne volonté, d’être réintégrée dans le programme européen de recherches Horizon 2000. La recherche, il est vrai, n’a jamais été le fort d’une UDC prisant plutôt les solutions toutes trouvées.

Peut-être, enfin, parce que pour oser le grand saut dans le vide, pour chercher le clash avec les 27 pays qui nous entourent, il faudrait être fou ou anglais. Ou les deux à la fois.



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