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suisseVENDREDI 10 FÉVRIER 2017
Le pire des régimes
Les élections vaudoises et valaisannes sentent la vilaine tambouille, sur fond de combines et d’ambitions à courte vue. Dommage.
Par Nicolas Martin

Vous avez trouvé la campagne américaine peu odoriférante? La française vous fait vous boucher le nez? Vous ne serez pas dépaysé par les élections valaisannes et vaudoises qui viennent et ne sentent pas non plus vraiment la rose.

Entre les Alpes et le Léman, la Broye et le Haut-Valais, le Gros-de-Vaud et la plaine du Rhône, les mauvais coups et les entourloupes ont plu et continuent de pleuvoir. Petits meurtres entre amis, trahisons brutales et basses ambitions pullulent à tous les coins de bocages.

On aura vu ainsi des poids lourds du PS vaudois, comme le ministre sortant Pierre-Yves Maillard ou la conseillère nationale Ada Marra, jouer un drôle de jeu dans la succession d’Anne-Catherine Lyon. A savoir, savonner soigneusement la planche de la favorite logique, l’expérimentée et pointue Cesla Amarelle, au profit d’inconnues célèbres dans leur district. La base donnera bruyamment tort à des éléphants dont chacun pourra imaginer les belles motivations, entre inimitié personnelle et peur qu’un peu d’ombre leur soit faite.

Les radicaux vaudois ne l’ont pas joué plus finement. N’ont-ils pas choisi l’alliance avec un blochérien déguisé en agrarien, à moins que ce ne soit l’inverse, Jacques Nicolet, plutôt qu’avec la vert’libérale Isabelle Chevalley, à la notoriété pourtant bien plus grande? Avec comme résultat de rendre plus qu’aléatoire les chances de l’entente de droite de renverser la majorité de gauche au Conseil d’Etat. Le président du PLR vaudois, Frédéric Borloz, le reconnaît piteusement: «La vraie alliance, profitable pour le centre-droit, aurait bien sûr été le ticket large à cinq, avec les Vert’libéraux, mais l’UDC n’en voulait pas.» Rarement aura-t-on vu si peu d’ambition et si peu de sens tactique. Et de si pauvres excuses: «L’UDC est notre alliée historique.» Obsolescence, quand tu nous tiens…

En Valais, la situation n’est guère plus reluisante. En cause les états d’âme de cette partie du PDC qui se situe à la droite de Dieu et sur la même ligne que son représentant dans les carnotzets, Oskar Freysinger, et n’a jamais supporté l’ex-chrétien-social Darbellay. Cette frange donc, par l’intermédiaire de l’ancien président du Grand Conseil Nicolas Voide, a cru devoir franchir le Rubicon et s’allier avec une UDC à la sauce valaisanne qui n’hésite pas à brandir l’étendard d’un curieux «gréco-christianisme». Un concept dont Pascal Couchepin a eu vite fait de démontrer la signification: éviter le satané vocable de «judéo» qui devrait brûler la bouche de tout bon catholique.

L’autre mauvaise tambouille, c’est à gauche qu’il faut la chercher, avec la guerre ethnique que se livrent les socialistes germaniques du haut et les camarades francophones du bas. Sur la même liste, Esther Waeber-Kalbermatten et Stéphane Rossini se détestent avec la dernière des ardeurs. Les taille-crayons sont déjà affûtés de chaque côté de la Raspille et la machine à perdre le siège historique conquis par Peter Bodenmann en 1997 fonctionne à plein régime. Contrairement à ce qui se passe dans le canton de Vaud, le scénario s’avère, là, totalement imprévisible.

A Lausanne comme à Sion, à Washington comme à Paris, la politique semble vouloir obstinément se résumer à ce qu’elle a de pire. Comme s’il s’agissait de démontrer que lorsqu’elle n’est plus portée que par des combinards et des ambitieux à courte vue, la démocratie n’est plus ce fameux «pire des régimes à l’exception de tous les autres». Mais bien, hélas, un régime tout à fait comme les autres.



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