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santeJEUDI 16 MARS 2017
«Les gens devraient faire confiance à leur téléphone»
Izanami Martínez a mis au point une app qui permet de consulter un médecin en ligne. Mais les habitudes des patients restent difficiles à changer.
Par Clément Bürge

Présidente de l’association des startup espagnoles, Izanami Martínez a créé Nonabox, un service de livraison d’accessoires pour nourrissons, avant de fonder Doctor24 en 2015. Via cette plate-forme, 3000 patients peuvent désormais décrire leurs symptômes par visioconférence à l’un des 200 médecins participant, au prix de 24,99 euros par consultation. La jeune entrepreneure parle des défis et du potentiel de son application. Interview.

En quoi votre application est-elle novatrice?
En médecine, l’accessibilité, la qualité et le prix s’opposent souvent. C’est un dilemme que l’on surnomme le «triangle de la mort». Avec notre système, nous offrons des consultations peu coûteuses, rapides et de bonne qualité, tout en élargissant l’accès aux soins.

Qu’est-ce qu’elle apporte en plus?
Nous avons développé un système de conversation vidéo d’excellente qualité, pour que le médecin puisse distinguer clairement les éventuels symptômes. D’autres fonctionnalités complètent notre service, comme un système d’enregistrement des données pour les médecins et un système d’ordonnance qui permet l’achat de médicaments en pharmacie via l’application.

Quelle en a été la réception?
Les patients apprécient beaucoup le service. Suite à une consultation sur l’application, moins de 25% d’entre eux vont consulter un médecin dans le monde physique. Les médecins ont également bien accueilli notre arrivée, et les assurances apprécient la réduction considérable des coûts de consultation.

Quel est le principal obstacle?
L’idée qu’il faut rencontrer un médecin en personne est fortement ancrée chez les gens. Ils ne se rendent pas encore compte qu’ils pourraient consulter un médecin par téléconférence.

Peut-on remplacer les visites en cabinet par des consultations virtuelles?
Tout à fait. Nous avons démontré que 75% des consultations ne nécessitent pas d’examen physique. Selon l’Association médicale américaine, près de 70% des visites ambulatoires pourraient être remplacées par des consultations en ligne.

Avez-vous rencontré des problèmes de régulations?
Non, car le secteur n’est pas encore réglementé, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Nous sommes actuellement libres de faire plus ou moins ce que nous voulons. Mais nous craignons que le gouvernement ne commence à réglementer le secteur sans nous impliquer. Cela pourrait mettre fin à un service très demandé.

Est-ce facile de lancer une plateforme de consultation en ligne?
Non, car il faut prendre de nombreux paramètres en compte. L’aspect le plus important est la confidentialité qui est une priorité absolue pour les consultations médicales. L’une des choses les plus difficiles fut de mettre en place un système de communication sécurisé.
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ENCADRE

L’Europe se lance dans l’e-santé
La startup suédoise KRY, qui développe une solution pour consulter un médecin par vidéo-conférence, a levé 6,1 millions d’euros. Elle utilisera ce financement pour augmenter le nombre de médecins accessibles via son service. Fondée en 2014, KRY compte déjà plus de 30’000 utilisateurs et propose des consultations virtuelles coûtant 31 euros les 15 minutes.
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Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 11).

Pour souscrire un abonnement à Technologist au prix de CHF 45.- (42 euros) pour 8 numéros, rendez-vous sur technologist.eu.



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