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entreprenariatMERCREDI 12 AVRIL 2017
Ces business qui n’existent pas encore en Suisse
Changer de métier, c’est parfois créer sa profession en s’inspirant de réussites d’ailleurs. Voici 11 idées à implanter avec l’avis d’experts.
Par Julien Calligaro et William Türler

Recyclage de mégots de cigarettes, fashion truck et abonnement chez les commerçants indépendants: voilà trois exemples de concepts innovants qui ne sont pas encore apparus en Suisse. Des experts romands donnent leur avis sur 11 idées de business à implanter.
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Le Fashion Truck

The Rolling Shop a déjà parcouru plus de 50′000 km. Lancée en 2012, cette boutique de mode itinérante promeut les jeunes marques de prêt-à-porter «made in France». Inspirés des food trucks, les fashion trucks essaiment, notamment aux Etats-Unis et en France. Le concept se décline en plusieurs variantes: le Nail truck propose par exemple des manucures dans un van ambulant à Paris et sur la Côte d’Azur en été. Basé sur le même modèle, Hair we go est un réseau de franchises pour coiffeurs itinérants. Les professionnels exercent dans de petits bus et bénéficient d’un accompagnement administratif et de conseils en communication. D’autres misent sur la pluralité de l’offre, à l’instar du camion rose bonbon Boudoir des cocottes, qui propose manucure, maquillage et coiffure.

L’idée séduit Estelle Lucien, responsable de la rédaction romande du magazine de mode Bolero. Elle y voit une solution de facilité et de proximité. «Pour se démarquer, les fashion trucks pourraient utiliser des produits que les boutiques ‘traditionnelles’ ne proposent pas ou peu, par exemple des marques artisanales et très locales.»
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Un service de motos-taxis

Solidement implantées en Afrique sub-saharienne, les motos-taxis font peu à peu leur arrivée dans de grandes métropoles européennes. A Paris, plusieurs sociétés proposent ce service. Urban Driver et Motocab ciblent les hommes d’affaires qui ont besoin d’un transport rapide entre l’aéroport et leur lieu de travail. En deux clics ou un coup de téléphone, les clients peuvent réserver leur taxi deux-roues. Citybird et Sumer vont plus loin: ces entreprises ont mis sur pied une app sur le modèle d’Uber pour réserver à l’avance — ou commander sur le moment — un petit scooter ou une plus grosse moto. Sumer offre également la possibilité d’emmener un bagage pesant moins de 15 kg.

«Dans les centres urbains tels que Genève, Berne ou Zurich, où les embouteillages rendent la circulation difficile, l’implantation d’un service de motos-taxis est tout à fait envisageable, remarque Emmanuel Ravalet, socio-économiste à l’EPFL. Il faudrait par contre rassurer les clients sur la sécurité et privilégier les véhicules quasi-fermés ou ceux à trois roues.»
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Un abonnement chez les commerçants indépendants

Des cafés illimités dans une multitude de bar-restaurants. C’est ce que propose l’application pour smartphones CUPS, disponible dans plusieurs grandes villes des Etats-Unis, dont New York et San Francisco. En collaboration avec des cafés indépendants, CUPS offre aux buveurs de café un abonnement (coûtant environ 100 dollars par mois) qui donne accès à une quantité illimitée de cafés dans tous les lieux partenaires. Une formule existe également pour 15 cafés. Une fois le forfait acheté via l’application, il suffit d’utiliser son téléphone pour récupérer son café.

Un concept dont les restaurateurs suisses pourraient s’inspirer? Thierry Wegmüller, président de GastroLausanne, est enthousiaste. «A Lausanne, le taux de rotation des établissements atteint 30%. Pour attirer la clientèle, il leur faut trouver une idée originale. Un abonnement donnant accès à des cafés illimités en fait partie.» Un bémol: la taille des villes suisses est inférieure à celles où CUPS est disponible. «On pourrait imaginer que cette idée s’intègre dans une offre complémentaire plus large.»
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Faire garder son animal pendant les vacances

Avant un départ en vacances, difficile de trouver une connaissance disponible pour garder son animal de compagnie. Placer sa bête à la SPA ou dans un chenil est envisageable, mais ces lieux sont souvent très prisés. Disponible dans plusieurs pays européens, dont l’Espagne et le Royaume-Uni, l’application DogBuddy permet de trouver rapidement une famille d’accueil pour les chiens lors des déplacements de leur propriétaire. A la façon d’Airbnb, les dog sitters sont listés en fonction de leur position géographique et se voient attribuer des notes. En France, d’autres sociétés — notamment DogVacances et Gardicanin — proposent également ce service. Certaines l’étendent aussi aux chats.

«Une plateforme telle que DogBuddy pourrait très bien fonctionner en Suisse, dit Raphaël Gaudart, directeur opérationnel du Master en entreprenariat de l’Université de Fribourg. Elle serait complémentaire aux offres existantes, comme les hôtels pour chiens. Pour être efficace, cette plateforme devra jouer sur l’émotionnel et créer un réseau de passionnés d’animaux.»
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Location d’espaces extérieurs entre particuliers

Profiter de la piscine de ses voisins quelques heures seulement, ou organiser un barbecue dans leur jardin. La plateforme française Louer dehors met en relation des propriétaires d’espaces extérieurs (que cela soit une piscine, une terrasse, un étang ou même un terrain de tennis) qui souhaitent réduire leurs factures avec des locataires cherchant à profiter d’un coin de verdure à bas prix. Le propriétaire fixe le montant de la location et choisi sa durée maximale, tandis que Louer dehors prélève une commission sur la transaction.

L’idée intéresse Raphaël Gaudart: «L’économie du partage est très en vogue, je suis sûr qu’il reste encore beaucoup à faire! La principale difficulté consiste à atteindre une masse critique d’espaces extérieurs pour que la plateforme ait du sens. Le fait de proposer plusieurs types de bien est donc un avantage.» Il émet tout de même une réserve sur la location de piscines pour des raisons d’hygiène.
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Des obsèques solidaires avec le financement participatif

La plateforme française Collectefuneraire.com permet aux familles de collecter des fonds auprès de proches afin de financer le coût des obsèques, compris en moyenne entre 1’500 et 7’000 euros. Les proches peuvent ainsi aider la famille du défunt financièrement, cette dernière payant le solde en cas de besoin. Les participations sont directement transmises à cette dernière. D’autres sites proposent des prestations similaires: Elamen pour les obsèques musulmanes et Leetchi, spécialiste généraliste de la cagnotte en ligne.

«C’est une idée intéressante qui permet d’exprimer son soutien de manière plus utile que par l’envoi de fleurs, souligne Raphael H Cohen, directeur académique de la spécialisation en entrepreneurship à l’Université de Genève. Comme le démontre le succès du site Hommages.ch, créé par un groupe que j’ai formé et coaché, le marché des obsèques reste porteur. Mes seuls doutes pour ce projet de financement participatif sont la taille du marché et l’absence de barrière à l’entrée pour bloquer des concurrents.»
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Théâtre immersif

Après la mode jeux d’évasion grandeur nature, la prochaine tendance dans le secteur du divertissement pourrait être le théâtre immersif. Comme pour les escape rooms, les entrepreneurs intéressés doivent louer ou acheter un lieu suffisamment grand pour accueillir le public. Celui-ci se retrouve ensuite immergé pendant plusieurs heures dans une pièce de théâtre qui se joue dans différentes pièces. Plusieurs de ces spectacles inédits rencontrent un succès grandissant à New York: Play/Date, Sleep No More, Then she fell, Speakeasy Dollhouse, etc. Les prix sont différenciés selon les horaires choisis, la participation plus ou moins conséquente des spectateurs à la pièce ou le choix d’un repas, avec des tarifs allant de 55 à 450 dollars.

«Le public suisse est instruit et fuit les tendances de masse, indique Pascal Bourgier, coach en création d’entreprise chez Genilem. Il est volontiers rebelle sur les questions culturelles. Il y a fort à parier pour que cette offre plaise à ce public exigeant et cultivé, à condition de s’affranchir des barrières foncières.»
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Recyclage de mégots de cigarettes

La société française Cy-clope se spécialise dans la «gestion de zones fumeurs». Elle propose aux entreprises et collectivités publiques du mobilier, des poubelles et du matériel de recyclage pour mégots de cigarettes. Ses prestations se présentent sous la forme d’un abonnement mensuel incluant diagnostic, sensibilisation, collecte et recyclage. La start-up met en avant les enjeux environnementaux que soulève cette problématique: un seul mégot pollue 500 litres d’eau et met jusqu’à 12 ans pour disparaître, et une entreprise de 1′000 personnes en produit en moyenne 300′000 par année.

«L’aspect écologique semble important dans ce projet, mais il ne prend pas en compte la santé des salariés, relève Pascal Bourgier. Nous savons que fumer est mauvais pour la santé et le projet ne propose pas un aspect éducatif. La Suisse est un pays de gros fumeurs selon l’OMS mais c’est un pays où la santé publique prend une importance très particulière et il serait de bon ton de le prendre en considération dans une telle initiative.»
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Lavage de voitures sans eau itinérant

La société française Cosmeticar propose à ses clients de venir nettoyer leur voiture à domicile, en entreprise ou dans un parking grâce au lavage sans eau. Une offre qui permet à la clientèle de gagner du temps, mais aussi de contribuer à la sauvegarde de l’environnement, un lavage traditionnel de voiture nécessitant en moyenne plus de 150 litres d’eau. Les tarifs, qui incluent le lavage intérieur et extérieur de la voiture, varient entre 50 et 80 euros selon le type de véhicule. Le shampoing des tapis et des sièges, le traitement antibactérien ou odeur, ainsi que le polish manuel de la carrosserie sont en option. Fondée il y a une dizaine d’années, la société se développe aujourd’hui sous la forme de franchises.

«La Suisse est un pays de service et nous voyons déjà des projets se développer dans ce sens, indique Pascal Bourgier, de Genilem. Le pouvoir d’achat élevé aidant, il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas un avenir pour ce service à domicile. La place de la voiture reste importante en Suisse avec des véhicules en moyenne assez chers, il est donc important d’en prendre soin.»
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Aide pour période de transition

Basée aux Etats-Unis, l’agence Caringtransitions s’occupe d’aider ses clients en phase de transition, par exemple suite à un deuil, un divorce ou lors d’un déménagement soudain. La société s’occupe également de la vente ou de la liquidation, notamment en ligne, des meubles et effets personnels d’un proche décédé. De même, elle peut aider une personne âgée qui souhaite déménager dans un appartement plus petit à se débarrasser des affaires dont elle n’a plus besoin. Parmi les services proposés figurent les contacts avec les déménageurs et les services administratifs, la gestion de ventes aux enchères, le nettoyage et la préparation d’une maison à vendre, ainsi que les entretiens avec divers professionnels tels que les agents immobiliers.

«Le besoin existe et va continuer à exister, souligne Raphael H Cohen, de l’Université de Genève. Il s’agit d’une version de conciergerie spécialisée, dont la cible pourrait aussi être étendue à d’autres formes de transition (divorce, incendie, décès, etc.). Ce projet est intéressant comme tous ceux qui proposent des prestations de service visant à faciliter la vie des gens.»
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Le concierge qui shoppe pour vous

Après Stockholm, la jeune pousse suédoise Urb-it tente d’exporter depuis l’année dernière son service de conciergerie. Celui qui l’utilise peut acheter via une application des articles en ligne dans un réseau de boutiques partenaires et se faire livrer sur le lieu et à l’horaire de son choix. Touche éco-responsable, le livreur privilégie la marche et les transports publics pour retirer et livrer les commandes. Le prix du service s’élève à 15 euros. La taille des colis est adaptée de sorte à ce qu’une personne lambda puisse les transporter sans aide supplémentaire.

«Cette proposition de valeur orientée sur une notion de service à la personne permet de faire gagner un temps précieux aux actifs, estime Pascal Bourgier, coach chez Genilem. Cependant, en Suisse, les villes sont plus petites que celles citées et les durées de déplacement sont encore acceptables. Ce projet ne semble donc pas être une grande innovation ici. Toutefois, nous assistons au développement de ce genre d’initiatives. Il y a donc fort à parier que l’on commence à voir l’émergence de ces services dans les prochains mois.»
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Une version de cet article est parue dans PME Magazine.



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