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start-upMARDI 06 JUIN 2017
Ces expatriés qui reviennent en Europe
Toujours plus d’entrepreneurs reviennent sur le Vieux Continent après un passage par les Etats-Unis. Pour se rapprocher de leur famille, mais aussi en raison de perspectives nouvelles offertes par l’Europe en matière d’innovation ou de financements.
Par Joe Dodgshun

Si les Etats-Unis restent la terre promise de l’innovation pour les entrepreneurs, toujours plus d’expatriés européens choisissent de revenir sur leurs terres natales. Parmi les retours emblématiques, on peut citer Lars Fjeldsoe-Nielsen, passé par l’équipe dirigeante de Dropbox, Uber et Whatsapp, Florian Jourda, architecte principal de la plateforme de file-sharing Box, ou encore Fred Destin, investisseur et mentor renommé dans le milieu des start-up.

Et ce n’est que le début, estime Roxanne Varza, directrice de Station F, le plus grand campus de start-up au monde qui ouvrira prochainement ses portes à Paris: «Parmi les raisons qui expliquent ce mouvement, il y a la hausse des coûts dans la Silicon Valley, mais aussi la nouvelle réalité politique du pays.»

Une main-d’œuvre qualifiée meilleur marché

Originaire de San Francisco, Roxanne Varza estime que l’Europe dispose aujourd’hui de solides atouts pour convaincre les fondateurs qui hésitent encore à faire le voyage en sens inverse. «Le salaire d’entrée d’un développeur est de 200’000 dollars aux Etats-Unis, contre 40’000 à 50’000 euros en France.»

La conjoncture européenne est également propice aux investissements: selon la directrice de Station F, les start-up françaises ont recueilli 350 millions d’euros en novembre dernier, soit 3,5 fois plus que la moyenne mensuelle enregistrée en 2016. Malgré le Brexit, 12 milliards d’euros ont été investis dans des start-up européennes l’an dernier, un chiffre certes très inférieur aux 58,6 milliards d’euros recueillis aux Etats-Unis mais qui est demeuré stable, contrairement à la baisse de 20% survenue aux Etats-Unis entre 2015 et 2016. «L’Europe pourrait bientôt connaître un nouveau boom de l’entrepreneuriat. Les fondateurs de start-up se rendent compte qu’ils peuvent désormais concrétiser leurs projets les plus ambitieux en Europe, ce qui n’était pas toujours le cas jusqu’ici.»

Stefano Bernardi s’est fait connaître outre-Atlantique en cofondant la start-up de trésorerie Kickpay, avant de lancer le fonds d’investissement Mission and Market. L’an dernier, il a lui aussi choisi de revenir en Italie avec sa femme, Elena Petrucciano, également active dans le domaine des start-up. Comme éléments ayant déterminé leur choix, il cite le fait de pouvoir se rapprocher de leur famille et le coût de la vie à San Francisco, devenu particulièrement prohibitif pour qui ne dispose pas de revenus fixes. Mais il souligne aussi l’envie de mettre à profit l’expérience acquise au cœur de l’industrie tech en développant des projets inédits en Europe.

S’il apprécie les avancées européennes en matière de financement des start-up, Stefano Bernardi estime cependant que le continent manque encore de talents commerciaux et marketing issus de grandes sociétés: «Personne n’a suivi l’exemple de Google, qui forme et envoie ses talents dans de jeunes start-up, mais l’avenir nous réserve peut-être des surprises.»

Rester pour mieux se développer

Ivo Spiegel, cofondateur de tech.eu, a passé cinq ans à recueillir les témoignages de fondateurs pour son livre The European Start-up Revolution. Selon lui, l’Europe rattrape peu à peu la Silicon Valley: «Plus besoin d’aller à San Francisco: il est aujourd’hui possible de lancer sa start-up en Europe tout en restant bien implanté aux Etats-Unis, à l’instar de SoundCloud, ou en visant une portée mondiale.»

Stefano Bernardi partage cet avis et rappelle que l’Europe dispose de talents et de centres d’excellence bien répartis pour rivaliser avec les Etats-Unis et attirer les entrepreneurs. «L’Europe a un potentiel d’innovation bien réel, mais doit trouver son approche sans suivre l’exemple de la Silicon Valley.»
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ENCADRE

Les atouts des financements américains

L’accès au capital-risque se démocratise, mais cette solution ne convient pas à tous.

Northzone, un fonds européen de capital-risque de plus de 1 milliard d’euros, salue la hausse des investissements américains dans des start-up européennes. Son associée basée à Stockholm, Jessica Nilsson, affirme que cela favorise le développement des entreprises européennes et leur donne un meilleur accès au marché américain. Les pôles technologiques européens attirent ainsi de nouveaux talents et bénéficient de connaissances accrues sans que leurs entreprises soient nécessairement rachetées par des sociétés américaines. «Nous plaidons pour une coopération encore plus étroite, d’où notre implantation à New York. Cela permettra de resserrer les liens entre ces écosystèmes et nos sociétés en portefeuille de part et d’autre de l’Atlantique.»

Le capital-risque est généralement utilisé pour aider des start-up à se développer rapidement, via des investissements de plusieurs millions d’euros, en échange d’actions. Si cette solution gagne du terrain en Europe — l’Union européenne prévoit d’ailleurs de créer un fonds de 1,6 milliard d’euros — elle ne convient pas à tous les cas de figure. Selon Carlos Espinal, associé de l’accélérateur européen de start-up Seedcamp, ce type de financement présente surtout un intérêt pour les start-up souhaitant rayonner à l’international. «Pour attirer les sociétés de capital-risque, il vous faudra élaborer une stratégie internationale dès le début. Mais si vous voulez vous développer dans un petit pays, il peut suffire de faire appel à des fonds privés.»

Liquidités, expertise, réseaux: en matière de capital-risque, les sociétés américaines présentent des arguments très convaincants. «Les Etats-Unis sont dotés de la plupart des capitaux et de certains des plus grands fonds, mais ils disposent surtout d’une riche expérience acquise en aidant des compagnies comme Google ou Dropbox à se développer», ajoute Carlos Espinal.

Bien que le capital-risque se démocratise, il est indispensable que les start-up européennes soient prêtes avant le grand saut, prévient Jessica Nilsson: «Elles doivent démontrer aux investisseurs leur capacité à générer des rendements élevés, laquelle reposera notamment sur leur couverture de marché et la solidité de leurs équipes.»
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Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 12).

Pour souscrire un abonnement à Technologist au prix de CHF 45.- (42 euros) pour 8 numéros, rendez-vous sur technologist.eu.



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