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innovationLUNDI 19 JUIN 2017
Du son dans tous les sens
Les dernières avancées dans le domaine du son ont permis de créer une expérience d’écoute plus immersive et réaliste. Certaines technologies ont recours aux os pour transmettre les sons.
Par Virginie Langerock

Le Batband préfigure la nouvelle génération de casques audio. Son concept étonnant: transférer directement les ondes sonores à l’oreille interne via les os du crâne. Sans faire pression sur les tympans, et donc sans écouteurs. Il a été mis au point par les designers de l’agence Studio Banana, basée à Lausanne.

Le son est transmis non plus par l’air, mais par mini-vibrations vers la colchée (oreille interne) selon le principe ancien de la conduction osseuse. «C’est comme ça que Beethoven, une fois devenu sourd, composait sa musique, explique Key Kawamura, cofondateur de Studio Banana. Il mordait un morceau de tige relié à son piano.» Les oreilles sont libres et l’utilisateur reste attentif aux bruits environnants. Le son est ample, englobant, et fournit une sensation à 360 degrés. Une qualité d’écoute inédite mais intacte. Le casque, dont la sortie est prévue pour mi-2017, annonce le son immersif de demain.

Cette nouvelle expérience sonore va-t-elle ranger au placard nos classiques écouteurs ? «C’est juste une nouvelle façon d’écouter. La qualité d’écoute ne sera pas meilleure, mais différente.» Preuve que la demande existe, le casque AfterShokz repose lui aussi sur le principe de la conduction osseuse. Moins design, plus léger, il est conçu avant tout pour les sportifs. Plusieurs lunettes «musicales» (Zungle, Soundglasses Buhel) fonctionnent selon le même principe, grâce à des capteurs insérés dans les branches de lunettes de part et d’autre de la tête. On peut ainsi faire du vélo, courir, traverser la rue ou travailler en écoutant de la musique, sans être coupé du monde.

Les bruits se déplacent

L’autre révolution en cours est celle du son 3D, qui restitue le son tridimensionnel perçu dans la vie réelle — de loin, de près, de derrière, d’en haut et plus seulement depuis la droite ou la gauche comme avec la stéréo. Les voix, la musique, les bruits se déplacent et produisent un effet de profondeur inédit. En la matière, «l’Allemagne, la Belgique, la France et le Danemark ont une longueur d’avance, assure Eske Bo Knudsen, directeur exécutif à l’Université technique du Danemark et chef de projet au sein du Réseau danois d’innovation sonore. Même si les grandes marques asiatiques et américaines (Samsung, HTC, Apple, Sony, et Oculus) sont loin d’être en reste dans ces nouvelles technologies.»

Déjà présent au cinéma avec le Dolby Atmos (qui nécessite jusqu’à 64 enceintes), le son 3D ouvre aussi la voie à des écouteurs intelligents: bourrés de capteurs, ils suivent le mouvement de la tête pour fournir du son au plus proche de chaque utilisateur. Comme le 3D Sound One, commercialisé en 2015 par la start-up française 3D Sound Labs, l’un des premiers casques personnalisables: avec un simple smartphone et trois selfies, l’utilisateur obtient ses paramètres morphologiques (distance entre ses oreilles, taille de la tête) et bénéficie d’un son sur mesure bien plus immersif. Le casque dernier-né du danois Jabra, ou celui de l’américain Ossic utilisent eux aussi l’audio 3D grâce à de multiples capteurs de mouvements, qui permettent d’entendre, selon le mouvement que l’on fait et la direction dans laquelle on regarde, des sons identiques à ceux qu’on percevrait dans la réalité.

«On assiste aujourd’hui à une véritable renaissance du son immersif, dit Eske Bo Knudsen. Dans quelques années, cette expérience d’écoute en réalité augmentée sera absolument partout.» D’autant que «le son n’est plus isolé», précise l’expert danois: «L’avenir, c’est son application à d’autres champs de la société, à l’hôpital pour améliorer le bien-être des patients, à la justice pour analyser la provenance d’un coup de feu, ou encore pour réduire les bruits gênants dans l’espace urbain.»
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Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 12).

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