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kandaharLUNDI 31 DÉCEMBRE 2001
Le chaînon manquant entre les talibans et mes fixations de ski
C’est un curieux général de l’armée anglaise qui a fait entrer le nom de Kandahar dans l’univers du ski alpin. Ses disciples ont inventé les règles du slalom. Histoire.
Par Geneviève Grimm-Gobat

Quel dénominateur commun y a-t-il entre mes premières fixations de ski, l’ancien fief des talibans et un film actuellement sur les écrans romands? Les trois portent le nom de Kandahar.

Jusqu’aux récents événements en Afghanistan, ce nom, Kandahar, évoquait pour moi l’univers du ski alpin où il est plus que familier: omniprésent. Courses de ski de l’Arlberg Kandahar, fixations Kandahar produites à Sainte Croix, luges Kandahar, bâtons Kandahar, luxueux après-ski Kandahar, hôtels Kandahar, bars Kandahar, télésièges Kandahar, pistes Kandahar et ainsi de suite: le cirque blanc regorge de Kandahar. La diffusion de cette appellation a gagné les neiges du Canada, des Etats-Unis et même d’Amérique latine.

Quel maillon mystérieux réunit donc la ville afghane fondée quatre siècles avant Jésus-Christ par Alexandre le Grand à ces diverses occurences sportives occidentales? Intriguée, j’ai mené une petite enquête sur le Net et j’ai trouvé le chaînon manquant. Il s’agit d’un général anglais, Frederick Sleigh Roberts, personnage historique dont la vie romanesque a notamment inspiré l’écrivain Rudyard Kipling (lire de W.H. Hannah, «Bob’s Kipling’s General. The Life of Field Marshal Earl of Kandahar», VC, 1972).

Ce général Roberts s’est distingué par de multiples actes d’héroïsme lors des deux guerres afghanes, de 1839 à 1842 et de 1878 à 1880. Ainsi, en 1879, il libéra une garnison britannique assiégée précisément à Kandahar, ce qui lui valut le titre de «Earl of Kandahar» (comte de Kandahar).

Si sa carrière militaire est haute en couleurs, le personnage a surtout marqué son époque par sa passion pour la neige. Lord Roberts of Kandahar est en fait le père de la première compétition de ski alpin.

C’est en effet à son l’initiative qu’une course alpine se déroula en 1911 sur le glacier de la Pleine Morte, en-dessus de Crans-Montana. L’ancien général de l’armée des Indes n’avait pourtant jamais mis les pieds – ni les lattes – en Suisse. Dans l’histoire du ski, cette première Coupe Roberts of Kandahar constitue une sorte d’événement fondateur.

Elle est suivie, en 1924, par la fondation à Mürren du Club de ski du Kandahar, parrainé par le comte du même nom. Ses membres inventent les règles du slalom et de la descente qui furent acceptées peu après par la Fédération internationale de ski.

Dès 1928 se courut la célèbre Arlberg-Kandahar, une coupe offerte par le Ski Club Kandahar sur le mode d’un combiné alpin. Elle eut lieu à Saint Anton, Mürren, Chamonix, Garmisch-Partenkirchen et Sestrières. L’ancêtre de l’actuelle Coupe du monde était né.

La suite, on la connaît ou on la devine aisément. Associée à de prestigieux exploits sportifs, la désignation «Kandahar» a fait boule de neige.

Lord Roberts Earl of Kandahar, âgé de 82 ans, est mort en 1914 alors qu’il rendait visite à ses bien-aimés soldats sur le front. Ses exploits guerriers sont tombés dans l’oubli tandis que survit encore aujourd’hui la trace de son engagement pour le ski alpin.



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